Souveraineté énergétique : Storengy, cette filiale d’Engie qui va gonfler les stocks de gaz français
Juliette Raynal
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Peu connue du grand public, l'entreprise Storengy joue pourtant un rôle clé dans la sécurité énergétique du pays, d'autant plus à l'heure où les flux de gaz provenant de Russie se tarissent et que le parc nucléaire tricolore est très affecté par de longues opérations de maintenance et un important problème de corrosion.
Cette filiale d'Engie assure le stockage du gaz naturel sur le territoire. "Nous sommes un peu les gardes meubles du gaz en France. Les molécules de gaz ne nous appartiennent pas, mais nous mettons à disposition des capacités de stockage. Notre travail consiste à les exploiter et à les maintenir", a expliqué Pierre Chambon, directeur général de Storengy en France, lors d'une conférence de presse ce mercredi 16 novembre. Ses principaux clients sont les grands fournisseurs de gaz en France, à savoir Engie, TotalEnergies ou encore Eni et EDF.
Très concrètement, Storengy dispose de 14 sites de stockage en France, répartis en deux catégories. Les sites aquifères, où le gaz vient chasser l'eau dans des couches de grès très poreuses. Et les cavités salines, dans lesquelles est envoyée de l'eau pour dissoudre le sel afin de stocker le gaz. Ces cavités salines se situent tout au long de la vallée du Rhône et se trouvent toutes entre 500 et 1.000 mètres de profondeur. Leurs capacités oscillent entre 300.000 et 600.000 mètres cubes. On pourrait largement y faire entrer l'Arc de Triomphe. Au total, Storengy est en mesure de stocker 100 térawattheures, soit environ un quart de la consommation de gaz naturel annuelle en France.
Les fournisseurs de gaz ont pour habitude d'injecter du gaz dans ces sites de stockage pendant l'été, lorsque le prix du gaz est peu cher car la demande est beaucoup plus faible (cinq fois moins importante qu'en hiver), pour pouvoir ensuite le soutirer en hiver lorsque la demande est très élevée, de même que les prix.
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