Pour donner du pouvoir d’achat aux Américains, Biden prêt à lever les droits de douane sur les produits chinois
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Le président des Etats-Unis, Joe Biden.
Reuters
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Le président des Etats-Unis, Joe Biden.
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En annonçant lundi à Tokyo qu'il pourrait lever les droits de douane sur les importations chinoises, qui "ont été imposés par la dernière administration", Joe Biden ne cherche pas tant à se démarquer de son prédécesseur Donald Trump qui avait engagé une guerre commerciale avec le géant asiatique qu'à donner la priorité au pouvoir d'achat du ménage américain. La croissance régulière de l'inflation, 8,3% en avril, qui culmine au plus haut depuis 40 ans aux Etats-Unis est en train de bousculer les priorités du président américain.
En effet, en réduisant les taxes sur les produits importés, ceux-ci deviennent mécaniquement moins chers pour le consommateur américain. Lorsqu'il est arrivé à la Maison Blanche en janvier 2021, Joe Biden a maintenu ces droits de douane. Ils s'élèvent à 25% sur tout un éventail de biens et de composants industriels chinois représentant 250 milliards de dollars. A l'époque Katherine Tai, la secrétaire au Commerce, avait justifié cette décision dans l'espoir "de remédier à une situation commerciale déséquilibrée et injuste", ajoutant qu'une suppression soudaine de ces taxes pourrait nuire à l'économie américaine (voir graphique). Visiblement, ce n'est plus le cas. La situation du consommateur de plus en plus mécontent est devenue plus préoccupante que celle du producteur exportateur américain.
Exportations chinoises vers les Etats-Unis en valeur (en milliards de dollars)
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Dans ce nouveau contexte, le "dumping" de Pékin est également favorable au pouvoir d'achat du consommateur américain. En subventionnant ses exportations vers les Etats-Unis, le gouvernement chinois opère un transfert d'argent de la poche du contribuable chinois vers celle du consommateur américain en diminuant le prix du produit final exporté de Chine vers les Etats-Unis.
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La Chine est en effet le pays qui subventionne le plus au monde son industrie et son commerce. En 2019, elle a consacré 248 milliards de dollars d'argent public, soit l'équivalent de 1,73% du PIB, à ce soutien sous la forme de prêts bonifiés ou encore de subventions, selon l'estimation établie dans un rapport publié par le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un think tank basé à Washington, que s'est procuré le Wall Street Journal. Ce soutien est le plus élevé tant en montant qu'en part du PIB, souligne le CSIS, comparé aux sept autres économies passées au crible (Corée du Sud, France, Allemagne, Japon, Taïwan, Etats-Unis et Brésil). Le deuxième pays loin derrière la Chine est la Corée du Sud avec 0,67% de son PIB. De leur côté, les Etats-Unis y consacrent l'équivalent de 0,39% de leur PIB.
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