... de change et des taux directeurs, et Stéphanie Villers, économiste et conseillère du cabinet PwC en France et au Maghreb, se penchent sur la question.
Les banques centrales « utilisent un remède issu d'un mauvais diagnostic » qui va provoquer une « saignée » dans l'économie sans pour autant la guérir de l'inflation. La flèche a été décochée par Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel d'économie 2001. Ses prises de position iconoclastes sur le FMI ou les inégalités ont rendu l'universitaire très populaires outre-Atlantique et dans le monde. L'économiste vedette s'en prend cette fois à l'idée, répandue, qui voudrait qu'un rebond de l'inflation appelle nécessairement un resserrement monétaire des banques centrales.
L'avis de Joseph Stiglitz trouve un large écho dans les milieux économiques, ou certains appréhendent que la hausse des taux directeurs ne restreignent l'accès au crédit et la dynamique de l'économie après deux ans de pandémie. D'autres économistes jugent à l'inverse qu'un resserrement économique est inévitable pour endiguer l'inflation. Les Banques centrales, en tête la Fed et à quelques mois d'écart la BCE, ont fait leur choix : la remontée des taux. Et ils ont prévenu. Le durcissement monétaire durera tant que l'inflation persistera. L'économie pourrait ne pas en sortir indemne.
Alors, fallait-il remonter les taux directeurs face à l'inflation ?
« Le déclenchement de l'inflation vient effectivement de la flambée des matières premières, c'est-à-dire de l'inflation « importée ». Les prix de l'énergie, en premier lieu du pétrole et du gaz, ont joué le rôle de déclencheur de l'inflation. Puis, l'inflation s'est diffusée à tout un ensemble d'autres produits et services. Dans son rapport mensuel d'août, Eurostat détaille par postes de dépense l'inflation annuelle de 9,1% en moyenne dans la zone. Les biens hors énergie ont grimpé de 5,8% sur un an, à plus de 10% pour l'alimentation.