Pourquoi la City ne va pas devenir un paradis fiscal
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le blason de la City de Londres.
Reuters
Paul Marion
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le blason de la City de Londres.
Reuters
« Singapour-sur-Tamise ». L'expression est née en 2017 sous la plume des journalistes britanniques après une interview de l'ancien ministre des Finances de sa majesté Philip Hammond. Lancé dans d'âpres négociations autour du Brexit avec les Européens, le chancelier de l'Echiquier menaçait de créer un régime fiscal et réglementaire ultra-actif en Grande-Bretagne si ses conditions de sortie n'étaient pas satisfaites. Depuis la formule a fait florès et scande les relations tumultueuses entre Londres et Bruxelles. Cinq gouvernements et un Brexit plus tard, la City n'est toujours pas le Singapour du Vieux Continent, et un big bang fiscal paraît plus qu'hypothétique.
« Comme le fameux "poulet aux hormones", ce "Singapour-sur-Tamise" relève beaucoup d'un slogan que les Européens reprenaient en écho pour se faire peur sur la situation après-Brexit », relativise Aurélien Antoine. Le directeur de l'Observatoire du Brexit y voit aussi une forme de chantage des gouvernements britanniques pour récupérer la licence bancaire. Cette faveur, que l'UE n'a pas encore accordée, permettrait aux banques londoniennes d'opérer sur le marché européen sans y installer de succursales, comme c'était le cas avant que nos voisins ne prennent le large.
À lire également
La City en a-t-elle besoin pour autant ? Elle souffre, certes, mais est loin de subir le « Brexodus » qu'on lui promettait, à savoir une fuite des capitaux et des cerveaux de l'autre côté de la Manche. Sur les 12.000 délocalisations de postes annoncées depuis 2016, 7.000 ont réellement migré vers Paris, Francfort et Dublin quand 2.500 emplois ont été crées à la City directement en lien avec le Brexit, selon les dernières données du cabinet EY.
Paul Marion