Espace : l'incroyable reprise des vols conjoints entre la NASA et Roscosmos vers la station internationale

La Nasa a annoncé vendredi reprendre les vols conjoints avec les Russes vers la Station spatiale internationale (ISS), afin d'assurer "la sécurité des opérations" de la station, et ce, malgré les efforts des États-Unis pour isoler Moscou suite à l'invasion de l'Ukraine. Par ailleurs, le Kremlin vient de lancer une réorganisation de son agence spatiale dont fait les frais en premier lieu son patron, Dmitri Rogozine.
La Station spatiale internationale (ISS) photographiée par les membres de l'équipage Expedition 56 depuis un vaisseau Soyouz après le désamarrage, le 4 octobre 2018.
La Station spatiale internationale (ISS) photographiée par les membres de l'équipage Expedition 56 depuis un vaisseau Soyouz après le désamarrage, le 4 octobre 2018. (Crédits : Reuters)

Washington et Moscou trouvent un terrain d'entente dans l'espace. Ce vendredi 15 juillet, la NASA et l'agence spatiale russe Roscosmos ont signé un accord surprise pour intégrer les vols vers la Station spatiale internationale, permettant aux cosmonautes russes de voler sur des vaisseaux spatiaux de fabrication américaine en échange de la possibilité pour les astronautes américains de monter sur les Soyouz russes, ont annoncé ce jour les deux agences spatiales.

"L'accord est dans l'intérêt de la Russie et des États-Unis et favorisera le développement de la coopération dans le cadre du programme de l'ISS", a déclaré Roscosmos dans un communiqué, ajoutant qu'il facilitera "l'exploration de l'espace à des fins pacifiques".

Les premiers vols intégrés dans le cadre du nouvel accord auront lieu en septembre, a indiqué la NASA. L'astronaute américain Frank Rubio s'envolera vers la station spatiale depuis le cosmodrome de Baïkonour, loué par Moscou, au Kazakhstan, aux côtés de deux cosmonautes, Sergey Prokopyev et Dmitry Petelin. En échange, la cosmonaute Anna Kikina se joindra à deux astronautes américains et à un astronaute japonais lors d'un vol SpaceX Crew Dragon vers le laboratoire orbital, lancé depuis le centre spatial Kennedy de la NASA en Floride.

Dans le domaine spatial, la coopération entre Russes et Occidentaux était jusqu'ici tombée quasi totalement à l'arrêt, de même que les projets communs en Arctique, l'espace devenant le théâtre de rivalités croissantes entre puissances installées (Etats-Unis et Russie) et d'autres émergentes (Chine, Inde...).

Le patron de l'agence spatiale russe Roscosmos écarté

Cette annonce intervient alors que le président russe Vladimir Poutine a démis de ses fonctions ce vendredi Dmitri Rogozine, le patron de l'agence spatiale russe Roscosmos qui chapeaute également le complexe militaro-industriel. Il est remplacé par Iouri Borissov, 65 ans, issue des rangs de l'Armée, ancien vice-premier ministre et vice-ministre de la Défense. Après cinq ans à son poste, le bilan de Rogozine est toutefois terne. L'industrie spatiale russe, sapée par ses infrastructures vieillissantes et une corruption endémique, connaît un déclin que Dmitri Rogozine n'est pas parvenu à enrayer. Ses parts de marché ne cessent de décliner alors que le spatial faisait la fierté de la Russie depuis la Guerre froide. En 2020, la Russie a subi un revers symbolique quand le pays a perdu le monopole des envois dans l'espace avec ses lanceurs et vaisseaux Soyouz... au profit des lanceurs de l'entreprise spatiale d'Elon Musk SpaceX.

Un nationaliste coutumier des invectives contre les États-Unis

Au-delà de son bilan industriel, Rogozine était réputé pour la virulence de ses discours nationalistes, notamment sur internet.

Le Kremlin n'a certes pas fait de commentaire sur les raisons de ce changement, mais Dmitri Rogozin avait adopté une position conflictuelle depuis le 24 février dernier, quand Roscosmos a été frappée de sanctions pour son rôle dans l'industrie de la défense russe, après que la Russie eut envoyé des dizaines de milliers de soldats en Ukraine.

Dmitri Rogozine n'avait pas hésité à multiplier les « memes » publiés sur Twitter ou les déclarations véhémentes sur Telegram, en rupture totale avec la froideur habituelle des communiqués de l'appareil d'État russe.

Il se délectait à "troller" l'Occident, notamment en s'affrontant sur Twitter avec le milliardaire Elon Musk, en évoquant publiquement la capacité de la Russie en matière de missiles nucléaires et en publiant les coordonnées et les images satellites des sites de défense occidentaux, laissant entendre qu'ils pourraient être visés.

Dmitri  Rogozin a vanté la capacité du nouveau missile Sarmat à lancer une frappe nucléaire sur les États-Unis, et a déclaré qu'il serait opérationnel d'ici l'automne après des essais réussis un peu plus tôt cette année.

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Commentaires 6
à écrit le 16/07/2022 à 15:16
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Bravo ! qu'on laisse au moins la conquête de l'espace à l'abri des délires des politiciens de tous poils. Et loin des éternelles polémiques de piliers de bistrot, ou de salonnards parisiens, ce qui est à peu près la même chose de toutes façons.

à écrit le 16/07/2022 à 10:36
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Tout est dit, quand c'est de leurs intérêts, américains et russes s'entendent....

à écrit le 15/07/2022 à 23:40
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C'est une excellente nouvelle pour la planète La clairvoyance et la responsabilité assumée des Savants et dirigeants Américains et Russes est à saluer.

le 16/07/2022 à 23:12
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Vous croyez au Pays Merveilleux? Demandez-vous plutôt combien de temps une capsule de spaceX ou de Boeing peut rester dockée à la station par rapport à un vieux Soyuz... Pour info, un Soyuz reste 6 mois docké et plein pour pouvoir évacuer en cas de...

à écrit le 15/07/2022 à 17:57
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Poutine est une mauviette à la solde la CIA-MOSSAD/UE/DOLLAR/EURO/OTAN. Ses temps sont comptés à la tête de la Russie après sa gestion calamiteuse de la guerre russe en Ukraine et cela commence à se savoir dans tout l'appareil militaro-industriel ru...

le 15/07/2022 à 19:22
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@communiste Poutine n'aurait donc pas dû déclencher la guerre en Ukraine. Quant à la menace nucléaire, c'est du Pipeau, de la Flûte traversière pour la bonne raison qu'au premier missile Russe tiré qui tomberait sur une ville occidentale, la Tota...

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