Pour une fois, le résultat a été moins bon qu'attendu. Avec seulement 12 000 emplois nouveaux enregistrés le mois dernier, selon les données officielles publiées mercredi, le marché du travail a légèrement ralenti aux États-Unis, en partie à cause des ouragans et de la longue grève des salariés de Boeing. Mais les prévisions les plus optimistes avaient été dépassées un mois plus tôt, grâce à 254 000 emplois créés. Avec un taux de chômage toujours à 4,1 %, qui ferait pâlir d'envie n'importe quel pays européen, voire asiatique, et un PIB en croissance de 2,8 % au troisième trimestre, la vigueur de l'économie américaine ne se dément pas.
Cette insolente santé, qui tranche avec le déclin chinois et la déprime européenne, n'est pas due qu'aux énormes plans de soutien votés sous le mandat de Joe Biden, en particulier l'IRA (« Inflation Reduction Act »). « Les gains de productivité depuis la pandémie sont impressionnants, alors qu'elle stagne en zone euro, explique Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa. Les efforts d'investissements dans la tech et la recherche et développement menés depuis des années portent leurs fruits, creusant l'écart avec l'Europe. » L'énergie peu chère - mais très carbonée - ainsi qu'un marché du travail dérégulé jouent également un rôle déterminant, supérieur à celui des politiques budgétaires décidées par Washington.