Trump, miroir de nos démagogies
Lucie Robequain
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Retrouvez chaque semaine l'édito éco de Lucie Robequain.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Les européens se pincent le nez à l'idée de voir Donald Trump remporter la présidentielle américaine ce mardi. Dans les faits pourtant, les revendications qu'il défend sont très proches de celles que l'on voit prospérer chez nous. Du climat à l'immigration, du protectionnisme à la dette, il dit tout haut ce que nombre d'Européens pensent tout bas, à savoir que « c'était mieux avant ». Dans cette vision rétrograde pointe la critique du libéralisme, de la mondialisation et de toutes les contraintes que l'on associait jusqu'alors au progrès (transition climatique, réduction des déficits, etc.).
Le risque est que Donald Trump, s'il retrouve le pouvoir, devienne le prétexte à tous nos renoncements. À quoi bon bannir les voitures à essence quand les États-Unis forent toujours plus pour du pétrole ? Comment accepter autant de produits étrangers si les Américains taxent les nôtres à 10 % ? Faut-il vraiment réduire nos déficits quand Washington prend le chemin inverse ? Pourquoi garder nos frontières ouvertes si des murs s'érigent un peu partout dans le monde ?
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Sur la forme, bien sûr, tout le monde ou presque réprouve Donald Trump. Comment peut-on décemment prétendre à la Maison-Blanche et traiter son adversaire de « salope » ? Mais dans le fond, les États européens sont nombreux à attendre son élection pour faire du « trumpisme » en toute bonne conscience. C'est le cas bien sûr des pays autoritaires comme la Hongrie et la Slovaquie, impatients de pouvoir miner, encore un peu plus, l'État de droit.
Lucie Robequain
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