Le prix du baril de pétrole franchit le seuil des 80 dollars
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Vers 14 heures (heure de Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, prenait ce lundi 1,59% à 79,38 dollars.
Reuters
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Vers 14 heures (heure de Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, prenait ce lundi 1,59% à 79,38 dollars.
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Les cours du pétrole montent ce lundi, un an exactement après l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël, qui a entraîné la guerre dans la bande de Gaza. Vers 17h30 (heure à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, prenait 2,63% et franchissait la barre symbolique des 80 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, gagnait 2,85%, à 76,5 dollars.
Vendredi dernier, cette même tendance s'observait déjà. Vers 19 heures à Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, prenait 1,14% à 78,77 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, gagnait à la même heure 1,35% à 74,99 dollars.
Pour l'heure, la hausse des prix du pétrole est « relativement modérée par rapport aux 90 dollars le baril, il y a deux mois », a nuancé à La Tribune Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique à l'université Paris-Dauphine et spécialiste des matières premières. Même son de cloche pour Olivier Gantois, président de l'Ufip Énergies et Mobilités, qui observait qu'il n'y avait « pas d'emballement des prix pétroliers ». Et ce, même si le prix du baril a augmenté de près de 10% en dix jours.
Et d'ajouter qu'en l'état, « les marchés pétroliers ne prédisent pas ou ne croient pas en un embrasement plus généralisé dans la région, avec des conséquences qui seraient très significatives sur la disponibilité de pétrole brut au niveau mondial », analyse Olivier Gantois.
Les raisons de ce cours du pétrole haussier, et à son plus haut niveau depuis plus d'un mois, sont multiples. La première est l'incertitude liée au conflit israélo-palestinien, dont « aucune issue ne se profile pour le conflit qui risque de s'étendre davantage », indique à l'AFP ce lundi Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.
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Les investisseurs craignent en effet une attaque d'Israël sur les infrastructures iraniennes qui couperait l'approvisionnement d'un des dix plus grands producteurs de pétrole. Mais l'Iran, qui a produit 3,4 millions de barils par jour en août selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), n'a pas non plus intérêt à une escalade, et en serait « la première victime », selon Philippe Chalmin.
En parallèle, la publication vendredi d'un rapport sur le marché de l'emploi américain, plus solide que prévu, rassure les marchés sur la capacité de la demande américaine à accroître la demande de pétrole mondiale, déprimée depuis plusieurs mois par le ralentissement de l'économie chinoise.
« Une demande accrue d'énergie aux États-Unis contribuera à compenser la faible demande de pétrole persistante en Chine », explique à ce sujet l'analyste Susannah Streeter. Toutefois, les analystes s'attendent à une abondance de barils dans les prochains mois, ce qui retient les prix malgré des risques géopolitiques accrus.
Si la hausse des prix du pétrole est pour l'instant contenue, c'est aussi parce que « dans le même temps, les marchés craignent un ralentissement de la croissance de la Chine, qui cesserait d'augmenter ses besoins en pétrole brut, ce qui ferait baisser les prix », complétait Olivier Gantois.
Pour rappel, la Chine est en proie à une crise inédite de son vaste secteur immobilier, une confiance morose des ménages et des entreprises, qui pénalise la consommation, tandis que les tensions géopolitiques avec Washington et l'Union européenne menacent son commerce extérieur. Résultat, « les craintes de ralentissement de la Chine sont presque aussi importantes que les craintes d'un embrasement au Moyen-Orient », selon le président de l'Ufip Énergies et Mobilités.
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Autre facteur baissier : l'Arabie saoudite, qui dispose de capacités excédentaires estimées à 3 millions de barils par jour, et qui n'a pas intérêt à ce que les prix augmentent trop rapidement, rappelle Thierry Bros. « Ce que vise l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole, ndlr), c'est un prix de l'ordre de 80 à 90 dollars par baril : au-delà de 90, cela permettrait à la transition énergétique de se faire plus rapidement et en dessous de 80, ça n'équilibre pas leurs comptes », expliquait le chercheur.
(Avec AFP)
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