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Procès Donald Trump : dans un verdict historique, l'ex-président américain reconnu coupable

latribune.fr

Publié le 31 mai 2024 à 05:27 - Mis à jour le 31 mai 2024 à 11:44

Le proces penal de l'ancien president americain trump pour falsification de dossiers commerciaux se poursuit a new york

Le proces penal de l'ancien president americain trump pour falsification de dossiers commerciaux se poursuit a new york

Jabin Botsford

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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L'ex-président américain a été déclaré jeudi coupable de l'ensemble des 34 chefs d'accusation à son procès pénal à New York, dans le cadre d'une affaire de paiements cachés destinés à acheter le silence de l'ancienne star du X Stormy Daniels. Une décision donnée quelques mois avant l'élection présidentielle et qui pourrait avoir un impact sur la campagne.

[Article publié le vendredi 31 mai 2024 à 07h27 et mis à jour à 13h44] L'étau se resserre sur Donald Trump. L'ex président américain a été déclaré coupable de l'ensemble des 34 chefs d'accusation à son procès pénal à New York, jeudi soir, dans une affaire de paiements dissimulés à une star du X lors de la campagne présidentielle de 2016.

Il devient ainsi le premier ex-président américain à être reconnu coupable au pénal. Le prononcé de la peine est fixé au 11 juillet à 10h00, au tribunal de New York (16h00 heure de Paris). Quelques heures après le verdict, Todd Blanche, principal avocat de l'ex-président dans ce dossier, a déclaré sur CNN qu'il ferait « appel dès que possible ».

Pour rappel, le milliardaire a été inculpé pour 34 falsifications de documents comptables de son entreprise, la Trump Organization, qui auraient eu pour but de cacher, sous couvert de « frais juridiques », des paiements survenus dans la toute dernière ligne droite de la présidentielle de 2016 pour acheter le silence de Stormy Daniels. Contre 130.000 dollars, cette dernière avait accepté de se taire sur une relation sexuelle avec le milliardaire républicain, dix ans plus tôt, alors qu'il était déjà marié avec Melania Trump.

Une décision unanime des jurés

Après l'annonce de la décision, le juge Juan Merchan a remercié les douze jurés d'avoir « accordé à cette affaire l'attention qu'elle méritait ». « J'ai pu constater à quel point vous étiez impliqués », leur a-t-il dit reconnaissant qu'ils avaient accompli une « tâche stressante et difficile ». « La seule voix qui compte est celle du jury, et le jury a parlé », a déclaré le procureur, qui a instruit le dossier contre Donald Trump Alvin Bragg, lors d'une conférence de presse.

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Le juge a aussi relevé une décision unanime des douze jurés de déclarer le prévenu « coupable de 34 chefs d'accusation de falsification comptable aggravée pour dissimuler un complot visant à pervertir l'élection de 2016 ». « C'est un jour important » pour l'état de droit et le fait de devoir rendre des comptes devant la justice, a ajouté Michael Cohen, l'ancien avocat personnel de Donald Trump, et témoin clé de l'accusation lors de ce procès, sur X. « Bien que cela fut difficile pour moi et ma famille, la vérité compte toujours ».

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Les élus Républicains vent debout

De son côté, Donald Trump a immédiatement dénoncé un procès « truqué », une « honte », assurant que le « vrai verdict » sera celui des urnes, à l'occasion de l'élection présidentielle américaine du 5 novembre prochain. « Le vrai verdict aura lieu le 5 novembre, par le peuple américain » a-t-il déclaré devant les caméras dans un couloir du tribunal de New York.

«Je viens juste d'être condamné dans un procès politique truqué s'apparentant à une chasse aux sorcières : je n'ai rien fait de mal», a ensuite clamé l'ex-président sur son site de campagne.

« Ils ont fait une descente à mon domicile, m'ont arrêté, ont pris ma photo d'identité judiciaire, et maintenant, ils viennent juste de me condamner », ajoute son message. « Le peuple américain est bien lucide face au simulacre de procès intenté par cet escroc de Joe Biden. Tant d'Américains se sont sentis touchés et ont voulu donner pour la campagne du président Trump que le site de WinRed est tombé en panne », a affirmé l'équipe de campagne de Donald Trump sur X.

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Le candidat républicain à la prochaine présidentielle aime se dépeindre en martyr de la cause, prêt à sacrifier sa liberté pour le bien de ses partisans. En avril, il avait fait le lien entre sa situation et celle de Nelson Mandela, le militant sud-africain anti-apartheid qui resta emprisonné 27 ans. Le milliardaire avait, peu avant, poussé la comparaison jusqu'à Jésus Christ.

Mais la sidération ne se limite pas à l'accusé. « Aujourd'hui est un jour de honte dans l'Histoire américaine. Les démocrates applaudissent la condamnation du chef du parti adverse sur la base de charges ridicules, fondées sur le témoignage d'un (avocat) condamné et radié du barreau. Il s'agissait d'un exercice purement politique, et non juridique », a tonné le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, dans un communiqué.

Joe Biden veut profiter de la condamnation de Trump

La Maison Blanche « respecte la loi (et ne) fait pas d'autre commentaire », a de son côté, commenté ce jeudi l'un de ses porte-parole. Son de cloche très différent chez un porte-parole de la campagne de Joe Biden. « Nous avons vu aujourd'hui à New York que nul n'était au-dessus des lois », a réagi Michael Tyler dans un communiqué.

« Il n'y a toutefois qu'une manière de garder Donald Trump en dehors du Bureau ovale: le bulletin de vote. Délinquant ou pas, Trump sera le candidat des républicains », a-t-il ajouté .

Ce dernier s'est montré réticent à évoquer le procès à New York, mais a également cherché à tirer profit de la condamnation du milliardaire pour lever des fonds. « Donnez pour notre campagne aujourd'hui », ajoute la publication.

Une condamnation qui n'empêchera pas Trump de se présenter

Ce dossier était considéré comme étant le moins menaçant parmi les poursuites engagées contre lui. Ainsi, avec cette affaire, l'ex-président ayant quitté la Maison Blanche dans le chaos il y a un peu plus de trois ans risque, en théorie, une peine de prison. Mais cela ne l'empêcherait cependant pas d'être candidat au scrutin présidentiel du 5 novembre, où il rêve d'une revanche contre Joe Biden.

Reste que jusqu'aux derniers jours, les avocats ont vainement multiplié les recours pour retarder l'échéance. « Les enjeux sont très élevés, parce que Trump et ses avocats ont réussi jusqu'à présent à ralentir les autres procès » sur des accusations de tentatives illégales d'inverser les résultats de la présidentielle de 2020, et sa gestion de documents classifiés, souligne à l'AFP Carl Tobias, professeur de droit de l'université de Richmond.

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Et le dossier Stormy Daniels, qualifié de fragile par des experts, « pourrait être le seul jugé avant les élections », ajoute-t-il. Pour rappel, au cours de la dernière année, l'ancien président a été inculpé dans quatre affaires pénales, qui lui font toutes risquer la prison.

Soutien d'autres pays

Sur la scène internationale, le verdict a également du mal à passer chez certains dirigeants politiques. « Une élimination des adversaires politiques est en cours par tous les moyens légaux et illégaux possibles, c'est évident », a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Mais il a refusé de « commenter » la décision de justice en elle-même.

«Nous n'aimons pas beaucoup que l'on dise quelque chose depuis l'extérieur sur les décisions de nos tribunaux», a-t-il justifié.

D'autant que ces dernières années, la plupart des opposants politiques russes ont été envoyés en prison, poussés à l'exil ou bien retrouvés morts, comme le détracteur numéro un du Kremlin, Alexeï Navalny, décédé en février dans des circonstances troubles dans une prison de l'Arctique russe.

Donald Trump a, par le passé, exprimé son admiration pour Vladimir Poutine. En campagne depuis plusieurs mois, il continue de critiquer l'Otan, qui soutient Kiev contre l'armée russe depuis plus de deux ans, et s'est vanté à plusieurs reprises de pouvoir mettre fin au conflit entre la Russie et l'Ukraine, s'il est élu. Les responsables ukrainiens s'interrogent eux sur un changement radical dans l'aide militaire et financière américaine en cas d'élection de Trump.

Officiellement, Vladimir Poutine a déclaré qu'il préférait voir Joe Biden rester à la Maison Blanche, une déclaration vue toutefois par des observateurs américains comme signifiant exactement le contraire et à même de donner un coup de pouce à son adversaire.

En Italie, le vice-Premier ministre Matteo Salvini, chef de la Ligue d'extrême droite, a exprimé vendredi son « plein soutien » à Donald Trump, victime selon lui de « harcèlement judiciaire » et d'un procès « de nature politique ».

«En Italie, nous sommes malheureusement habitués à l'instrumentalisation du système judiciaire par la gauche, étant donné que pendant des années des tentatives ont été menées pour éliminer des opposants politiques par des moyens juridiques», a écrit sur X ce proche allié de Marine Le Pen, dont le parti est membre de la coalition gouvernementale de Giorgia Meloni.

Soutien inconditionnel de Donald Trump, Matteo Salvini a déclaré « espérer qu'il gagne » la présidentielle américaine de novembre. « Ce serait une garantie pour un meilleur équilibre et un espoir pour la paix dans le monde », a-t-il estimé.

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L'autre vice-Premier ministre de Mme Meloni et son chef de la diplomatie Antonio Tajani (droite), s'est montré néanmoins plus circonspect : « L'Italie est alliée aux Etats-Unis, elle n'est pas alliée à tel ou tel président, ce sont les Américains qui doivent décider qui les dirige ».

(Avec AFP)

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