L'OMS, pivot mondial de la prévention des pandémies ? (note du Quai d'Orsay) 1/4

 |   |  562  mots
Le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie estime que le besoin de souveraineté sanitaire devra être orientée dans un sens qui s'appuie sur une coopération multilatérale.
Le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie estime que le besoin de souveraineté sanitaire devra être orientée "dans un sens qui s'appuie sur une coopération multilatérale". (Crédits : Denis Balibouse)
Quels retours d'expérience pour les Etats après la crise du Covid-19. Dans le domaine de la santé, le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie du Quai d'Orsay préconise de confier à l'Organisation mondiale de la Santé la responsabilité d'organiser la prévention et la capacité de réponse face au risque pandémique et aux grandes crises internationales de santé publique.

Il est clair que, de cette crise sanitaire majeure et brutale, les Etats doivent tirer des leçons à la hauteur des failles révélées par le Covid-19. C'est l'un des volets de la note prospective du Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) révélée par Le Monde et consultée par La Tribune. Intitulée "Premières réflexions en vue du jour d'après", cette note du groupe de réflexion du ministère des Affaires étrangères se penche entre autre sur le retour d'expérience en matière de santé publique, premier volet de notre série, que pourraient tirer les Etats.

L'OMS, clé de voûte de la gouvernance mondiale en matière de santé

Le constat du CAPS est à la fois implacable et très logique : "Les efforts en termes de prévention (volet trop souvent délaissé) et de capacités de réponse rapide face au risque pandémique et aux grandes crises internationales de santé publique doivent être mieux organisés à l'échelle internationale". Le centre d'analyse préconise de confier cette responsabilité à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) "sur la base du retour d'expérience qu'elle aura mené avec l'aide des Etats".

Selon le CAPS, les propositions de l'OMS devraient porter sur l'organisation de la recherche, la responsabilité de l'industrie pharmaceutique, etc. "Les conditions de mise en œuvre du Règlement sanitaire international - notamment l'efficacité des enquêtes sur les systèmes nationaux (lacunes masquées, critères atteints de façon artificielle au moment des enquête, etc.) - doivent être inclues dans cette entreprise", souligne le groupe de réflexion du Quai d'Orsay. Il estime également que le "le risque des maladies infectieuses émergentes - et son lien avec l'anthropocène - mérite lui aussi d'être pris en compte".

Une souveraineté sanitaire partagée ?

Le CAPS préconise de mettre en place une nouvelle gouvernance mondiale plus fluide de façon à gérer les risques pandémiques. Ainsi, il recommande la mise en place d'un panel d'experts, qui devra produire des éléments de consensus sur ce risque sanitaire, mais aussi sur les conséquences à en tirer en termes économiques, politiques, environnementaux, - sur le modèle du GIEC pour le climat. Cela "pourrait être une première étape en ce sens". Enfin, il prône un "décloisonnement" d'organismes internationaux qui travaillent aujourd'hui en silos (OMS, Organisation mondiale de la santé animale, Programme des Nations unies pour l'environnement...). Ce serait "en soi un facteur de synthèse et donc d'amélioration de l'élaboration et du pilotage des politiques publiques internationales".

Le CAPS pressent à l'issue de la crise du Covid-19 la montée inéluctable de logiques de souveraineté sanitaire avec le renforcement de systèmes de santé nationaux, (capacités hospitalières et accès aux soins), la constitution de stocks stratégiques, la sécurisation accrue des approvisionnements, la relocalisation de certaines activités industrielles jugées sensibles, d'éventuelles mesures réglementaires, et des investissements accrus dans la recherche. Le Centre d'analyse estime que ce besoin de souveraineté sanitaire doit pourtant être orientée "dans un sens qui s'appuie sur une coopération multilatérale forte plutôt que de sombrer dans une version qui s'y opposerait, avec un protectionnisme à multiple facette (scientifique, industriel, humanitaire, etc.)".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/04/2020 à 19:55 :
Détrompez moi , mais j’ai le sentiment de plus en plus fort que les « Élites mondiaux « ne sont pas étranger à cette «  pandémie ?«  simulée il y a 3 mois lors d’un forum...? Avec 65 millions de morts ?

Pour lutter contre cette pandémie : «  déconnectez au maximum de vos possibilités vous de internet jusqu’à nouvel ordre «  ça les obligera à régler « cette pandémie « 
au plus vite vu les pertes qu’ils vont avoir...

Commençons à ouvrir les yeux et boycotter tout ce qui n’est pas made in France!
a écrit le 03/04/2020 à 8:52 :
DOC : ''Ce serait une grave erreur de confier cette responsabilité à l'OMS'' bien d'accord, je dirais même suis si d' air et cri my nez le de laisser à cet organisme (labos) les pleins pouvoirs sur NOTRE santé
a écrit le 03/04/2020 à 8:50 :
Confier plus de responsabilité à l'OMS?
Je me pose plutot la question de sa dissolution, au regard de son apport dans cette crise.. Souvenez-vous de sa première conférence de presse...
a écrit le 03/04/2020 à 8:25 :
S'il y a un enseignement à tirer de cette crise, c'est que toutes ces organisations n'ont servi à rien, strictement rien, dans la gestion de cette crise. Proposer qu'une telle organisation prenne la main est une plaisanterie. Tous les pays du Monde, y compris la France, se sont repliés sur eux-même, ont pris leurs décision, et se sont montrés incapables de s'entendre avec leurs voisins, y compris dans le cadre européen, si ce n'est la prise en charge tardive de quelques malades. Alors, il ne s'agit pas de supprimer l'OMS, mais son rôle doit être revu sans complaisance. il faut faire le ménage dans cette kyrielle de machins, couteux, dont le personnel ne paie pas d'impôt, avec des salaires indécents, et qui perdure car personne n'intervient. Supprimons les financements si nous sommes dans l'incapacité de voir le bien fondé des coûts qu'ils génèrent!
a écrit le 03/04/2020 à 8:13 :
Les organismes supra nationaux sont défaillants. Ils ne sont pas à portée d’engueulade et donc ne prennent pas de vrais responsabilités. C’est comme quand Macron s’en remet à des experts pour décider.
Décider et assumer sont des éléments politiques et non de l’expertise internationale. L’OMS trouvera toujours un micro si ça tourne bien et pourra toujours se cacher si ça tourne mal.
a écrit le 02/04/2020 à 22:40 :
L’OMS n’affirme pas ou affirme :
Tant que des études scientifiques ne confirment pas les «  faits » ils n’informent pas .

La Chine a l’habitude de combattre des épidémies donc ils ont de l’expérience :
Je pense que le port de masque est «  nécessaire « et les consignes sanitaires, faire plus mais pas moins.

Preuve : au début l’OMS a affirmé que les enfants supportaient ce virus et 3 semaines après il s’est avéré que «  c’était erronée »

Dans tous les cas , faut se protéger du mieux que nous pouvons , faut suivre son âme et conscience.

Autre information : des scientifiques du Danemark ont trouvé dans des prélèvements d’eau usés , la trace de ce virus
«  avant la pandémie «  en Europe.

a écrit le 02/04/2020 à 19:02 :
Ce serait une grave erreur de confier cette responsabilité à l'OMS. On l'a vue incapable d'être indépendante ... de ses doneurs (Chine principalement). C'est un organisme politique, dont les recommendations initiales ont contribué à la propagation de la pandémie. Souvenons-nous de leur hésitation à utiliser le mot épidémie et ensuite pandémie, et des conseils qu'ils donnaient alors... L'OMS n'a rien fait depuis des années pour préparer le monde à une pandémie. Ils parlent beaucoup, font de nombreuse réunions, mais n'agissent pas. Ecouter ce que dit le DG de l'OMS durant cette crise - c'est tellement vide que cela en est pathétique. Nos bureaucrates voudraient se délester de leurs responsabilités à moindre frais... Qu'ils fassent leur travail: aller sur le terrain, parler aux médecins, aux experts et ensuite proposer quelque chose de concret... S'ils en sont incapables, nos concitoyens ont le droit d'exiger leur demission. Il y en a marre de leurs analyses... bureaucratiques.
Réponse de le 03/04/2020 à 0:53 :
Se moquer des intellos, lorsque soi-même, on sait lire et écrire est toujours déconcertant. Les "bureaucrates" ne sont pas plus bêtes que les autres humains. Personne n'est parfait, de toute façon, ce n'est que lorsque la crise sera terminée qu'il sera possible en 2021 de dénombrer les morts dans chaque pays et de les comparer aux années précédentes. Là, on pourra connaître le bilan de ce virus et voir si certains pays ont vraiment été plus doués ou pas que les autres. Actuellement le nombre de morts par rapport aux "cas avérés" ne veut rien dire, dans certains pays, des tests sont faits même sur les personnes qui ne sont pas malades, alors que dans d'autres, seuls ceux qui sont hospitalisés ou à risques sont testés. Pour l'instant, jusqu'à preuve du contraire, le virus s'est propagé relativement rapidement sans faire plus de 100 à 200 000 victimes, en 4 mois, si on pense que les chiffres officiels sont faux car on ne sait pas toujours de quoi quelqu'un décède. Un bilan qui à l'échelle planétaire, n'est rien de catastrophique. Il n'y aura peut-être pas plus de 3 à 5 millions de morts cette année, moins que beaucoup de guerres, que la pollution, les accidents de la route, la drogue...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :