L'OMS, pivot mondial de la prévention des pandémies ? (note du Quai d'Orsay) 1/4

Quels retours d'expérience pour les Etats après la crise du Covid-19. Dans le domaine de la santé, le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie du Quai d'Orsay préconise de confier à l'Organisation mondiale de la Santé la responsabilité d'organiser la prévention et la capacité de réponse face au risque pandémique et aux grandes crises internationales de santé publique.
Michel Cabirol
Le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie estime que le besoin de souveraineté sanitaire devra être orientée dans un sens qui s'appuie sur une coopération multilatérale.
Le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie estime que le besoin de souveraineté sanitaire devra être orientée "dans un sens qui s'appuie sur une coopération multilatérale". (Crédits : Denis Balibouse)

Il est clair que, de cette crise sanitaire majeure et brutale, les Etats doivent tirer des leçons à la hauteur des failles révélées par le Covid-19. C'est l'un des volets de la note prospective du Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) révélée par Le Monde et consultée par La Tribune. Intitulée "Premières réflexions en vue du jour d'après", cette note du groupe de réflexion du ministère des Affaires étrangères se penche entre autre sur le retour d'expérience en matière de santé publique, premier volet de notre série, que pourraient tirer les Etats.

L'OMS, clé de voûte de la gouvernance mondiale en matière de santé

Le constat du CAPS est à la fois implacable et très logique : "Les efforts en termes de prévention (volet trop souvent délaissé) et de capacités de réponse rapide face au risque pandémique et aux grandes crises internationales de santé publique doivent être mieux organisés à l'échelle internationale". Le centre d'analyse préconise de confier cette responsabilité à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) "sur la base du retour d'expérience qu'elle aura mené avec l'aide des Etats".

Selon le CAPS, les propositions de l'OMS devraient porter sur l'organisation de la recherche, la responsabilité de l'industrie pharmaceutique, etc. "Les conditions de mise en œuvre du Règlement sanitaire international - notamment l'efficacité des enquêtes sur les systèmes nationaux (lacunes masquées, critères atteints de façon artificielle au moment des enquête, etc.) - doivent être inclues dans cette entreprise", souligne le groupe de réflexion du Quai d'Orsay. Il estime également que le "le risque des maladies infectieuses émergentes - et son lien avec l'anthropocène - mérite lui aussi d'être pris en compte".

Une souveraineté sanitaire partagée ?

Le CAPS préconise de mettre en place une nouvelle gouvernance mondiale plus fluide de façon à gérer les risques pandémiques. Ainsi, il recommande la mise en place d'un panel d'experts, qui devra produire des éléments de consensus sur ce risque sanitaire, mais aussi sur les conséquences à en tirer en termes économiques, politiques, environnementaux, - sur le modèle du GIEC pour le climat. Cela "pourrait être une première étape en ce sens". Enfin, il prône un "décloisonnement" d'organismes internationaux qui travaillent aujourd'hui en silos (OMS, Organisation mondiale de la santé animale, Programme des Nations unies pour l'environnement...). Ce serait "en soi un facteur de synthèse et donc d'amélioration de l'élaboration et du pilotage des politiques publiques internationales".

Le CAPS pressent à l'issue de la crise du Covid-19 la montée inéluctable de logiques de souveraineté sanitaire avec le renforcement de systèmes de santé nationaux, (capacités hospitalières et accès aux soins), la constitution de stocks stratégiques, la sécurisation accrue des approvisionnements, la relocalisation de certaines activités industrielles jugées sensibles, d'éventuelles mesures réglementaires, et des investissements accrus dans la recherche. Le Centre d'analyse estime que ce besoin de souveraineté sanitaire doit pourtant être orientée "dans un sens qui s'appuie sur une coopération multilatérale forte plutôt que de sombrer dans une version qui s'y opposerait, avec un protectionnisme à multiple facette (scientifique, industriel, humanitaire, etc.)".

Michel Cabirol

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Commentaires 9
à écrit le 03/04/2020 à 19:55
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Détrompez moi , mais j’ai le sentiment de plus en plus fort que les « Élites mondiaux « ne sont pas étranger à cette «  pandémie ?«  simulée il y a 3 mois lors d’un forum...? Avec 65 millions de morts ? Pour lutter contre cette pandémie : «  déconne...

à écrit le 03/04/2020 à 8:52
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DOC : ''Ce serait une grave erreur de confier cette responsabilité à l'OMS'' bien d'accord, je dirais même suis si d' air et cri my nez le de laisser à cet organisme (labos) les pleins pouvoirs sur NOTRE santé

à écrit le 03/04/2020 à 8:50
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Confier plus de responsabilité à l'OMS? Je me pose plutot la question de sa dissolution, au regard de son apport dans cette crise.. Souvenez-vous de sa première conférence de presse...

à écrit le 03/04/2020 à 8:25
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S'il y a un enseignement à tirer de cette crise, c'est que toutes ces organisations n'ont servi à rien, strictement rien, dans la gestion de cette crise. Proposer qu'une telle organisation prenne la main est une plaisanterie. Tous les pays du Monde, ...

à écrit le 03/04/2020 à 8:13
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Les organismes supra nationaux sont défaillants. Ils ne sont pas à portée d’engueulade et donc ne prennent pas de vrais responsabilités. C’est comme quand Macron s’en remet à des experts pour décider. Décider et assumer sont des éléments politique...

à écrit le 02/04/2020 à 22:40
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L’OMS n’affirme pas ou affirme : Tant que des études scientifiques ne confirment pas les «  faits » ils n’informent pas . La Chine a l’habitude de combattre des épidémies donc ils ont de l’expérience : Je pense que le port de masque est «  nécessair...

le 03/04/2020 à 8:07
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Vos sources?

à écrit le 02/04/2020 à 19:02
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Ce serait une grave erreur de confier cette responsabilité à l'OMS. On l'a vue incapable d'être indépendante ... de ses doneurs (Chine principalement). C'est un organisme politique, dont les recommendations initiales ont contribué à la propagation de...

le 03/04/2020 à 0:53
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Se moquer des intellos, lorsque soi-même, on sait lire et écrire est toujours déconcertant. Les "bureaucrates" ne sont pas plus bêtes que les autres humains. Personne n'est parfait, de toute façon, ce n'est que lorsque la crise sera terminée qu'il se...

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