Quels sont les risques d'un bras de fer entre l'Arabie saoudite et l'Iran ?

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Les manifestants iraniens protestant contre l'exécution du cheikh al-Nimr ont commis des violences contre l'ambassade saoudienne de Téhéran, provoquant la rupture diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran.
Les manifestants iraniens protestant contre l'exécution du cheikh al-Nimr ont commis des violences contre l'ambassade saoudienne de Téhéran, provoquant la rupture diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran. (Crédits : REUTERS/TIMA/Mehdi Ghasemi/ISNA)
La rupture des liens diplomatiques avec l’Iran décidée par le royaume saoudien pourrait avoir d’importantes conséquences politiques, militaires et économiques, selon les experts.

Dimanche 3 janvier, Adel al-Joubeir, ministre saoudien des Affaires étrangères, a annoncé la rupture des relations diplomatiques du royaume avec l'Iran, son grand rival chiite au Moyen-Orient. Cette escalade risque de cristalliser de nombreuses tensions dans la région, d'après les experts qui ont réagi dans les médias et sur les réseaux sociaux, à commencer par le départ de la représentation iranienne d'Arabie saoudite et de certains de ses pays alliés.

Le « départ de la représentation iranienne dans les 48 heures » exigé par l'Arabie saoudite

L'Arabie saoudite « exige le départ des membres de la représentation diplomatique iranienne dans les 48 heures », a déclaré Adel al-Joubeir, dénonçant des « ingérences négatives et agressives de l'Iran dans les affaires arabes qui entraînent souvent dégâts et destructions ». Le lendemain des déclarations du ministre, le Royaume de Bahreïn et le Soudan, alliés de la famille Al Saoud, ont annoncé des sanctions similaires contre la représentation iranienne. Les Émirats arabes unis, eux, ont drastiquement réduit cette représentation. C'est la deuxième fois depuis 1979 que les liens diplomatiques entre l'Iran et l'Arabie saoudite sont coupés, une telle rupture étant déjà advenue entre 1987 et 1991. Depuis la Révolution islamique iranienne, les deux puissances se sont en effet livré une « guerre froide [qui] ne dit pas son nom », comme le soulignait il y a un an Thierry Coville, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

Pour dénoncer les violences contre la représentation saoudienne à Téhéran et à Mashhad, les responsables saoudiens se sont référés aux attaques iraniennes contre l'ambassade américaine en 1979, pendant la Révolution islamique, et contre celle du Royaume-Uni en 2011, sans préciser toutefois que la prise d'otages de 1979 dans l'ambassade américaine avait été réalisée par les partisans de l'ayatollah Khomeiny, et que les auteurs des violences de 2011 étaient des manifestants protestant contre les sanctions britanniques contre l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé. Au-delà des strictes ruptures diplomatiques, l'escalade risque d'aggraver les guerres par procuration dans la région entre les deux pays.

Les guerres par procuration

La rupture diplomatique entre les deux grandes puissances au Moyen-Orient va probablement alimenter les guerres qu'elles se livrent par procuration dans la région, en particulier en Syrie et au Yémen. Au Yémen, l'Arabie saoudite se bat depuis le mois de mars contre la rébellion chiite des Houthis, que Téhéran est accusé de soutenir. En Syrie, Riyad soutient l'opposition politique et les groupes armés contre le régime de Bachar el-Assad, allié à l'Iran. Le royaume saoudien a formé en décembre une « coalition antiterroriste » de 34 pays à majorité sunnite, sans y convier l'Iran.

L'exécution du cheikh al-Nimr va « contribuer à la polarisation saoudo-iranienne », affirme Jane Kinninmont, chercheur à l'institut Chatham House à Londres, citée par l'AFP. De son côté, le politologue Ian Bremmer, président et fondateur de l'Eurasia Group, a immédiatement réagi sur Twitter suite aux annonces d'Adel al-Joubeir :

« L'Arabie saoudite rompt les liens diplomatiques avec l'Iran. Et toutes les guerres par procuration au Moyen-Orient viennent de s'envenimer. »

En plus d'aggraver les affrontements militaires, cette crise diplomatique pourrait balayer tout espoir de trouver des issues diplomatiques aux conflits syrien et yéménite, espoir qui avait pu naître après les diverses tentatives de conciliation au mois de décembre. Autre conséquence de la rupture diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran, les tensions confessionnelles auxquelles renvoie la rivalité entre les deux pays risquent d'augmenter.

Les tensions confessionnelles exacerbées

La rupture entre la monarchie sunnite et la République chiite semble sur la voie d'aggraver les tensions entre les populations de la région des deux principales branches de l'islam, le sunnisme et le chiisme. Dans l'est de l'Arabie saoudite, les affrontements entre la police et les manifestants chiites, insurgés contre l'exécution du cheikh al-Nimr, ont déjà fait un mort civil et un blessé âgé de huit ans. Des tirs contre les policiers ont eu lieu dans la région, mais n'auraient fait aucune victime parmi les forces de l'ordre. Les tensions interconfessionnelles s'accroissent également à Bahreïn, où des manifestations de la majorité chiite agitent le pays depuis 2011, revendiquant une plus grande reconnaissance politique dans le royaume gouverné par la minorité sunnite. La police a ouvert le feu sur les manifestants qui protestaient contre l'exécution du dignitaire chiite, faisant plusieurs blessés. Jane Kinninmont rappelle :

« L'Iran cherche à se positionner comme le défenseur des intérêts des chiites mondialement. »

Face au risque d'escalade dans la région, les États-Unis tentent de se poser en médiateur.

Les États-Unis tentent de calmer le jeu

Les États-Unis tentent de concilier les deux puissances pour éviter de déboucher sur un conflit ouvert, les invitant chacune à prendre des « mesures positives pour calmer les tensions », par la voix de John Kirby, le porte-parole de la diplomatie américaine. Ce dernier a déclaré :

« Nous croyons qu'une implication diplomatique et des discussions directes demeurent essentielles. »

L'accord signé entre les États-Unis et l'Iran, touchant notamment au nucléaire iranien, ayant agacé le gouvernement saoudien, allié de longue date de Washington, il n'est pas sûr que ce grand écart diplomatique américain soit efficace. Enfin, la crise diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran semble avoir également des conséquences économiques.

Remontée des prix du pétrole

La rupture entre les deux puissances moyen-orientales risque de n'avoir pas que des conséquences diplomatiques et politiques. En effet, la peur d'un conflit ouvert a affecté les prix du pétrole : le Brent a augmenté de 3,3 % ce lundi 4 janvier, premier jour d'ouverture des marchés en 2016, par rapport au dernier jour d'activité des marchés en 2015, pour atteindre 38,50 dollars le baril, le prix le plus élevé sur le marché mondial depuis trois semaines. L'Arabie saoudite et l'Iran sont deux producteurs pétroliers de premier plan au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), produisant respectivement 10 et 3 millions de barils par jour. Le pétrole saoudien est en grande partie produit dans l'est du pays, à majorité chiite. Les prix du pétrole restent cependant historiquement bas, notamment depuis le début de l'année 2015, l'offre dépassant largement la demande mondiale.

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a écrit le 05/01/2016 à 8:58 :
les vendeurs d'armes se frottent les mains et ça m'étonnerait pas que l'on batte un nouveau record de vente cette année dans notre pays. Une réflexion, finalement les emplois de demain ressemblent pas mal à ceux du début du XXeme...
a écrit le 05/01/2016 à 7:41 :
Du coup le problème DAECH passe au second plan, va t'on vers une guerre au moyen orient ??? Les cours du pétrole vont nous servir d'indice !
a écrit le 04/01/2016 à 23:58 :
Le petrole saoudien est produit principalement dans les regions chiites. Voila qui me donne un debut d explication supplementaire. Les saoudiens ont peur que ces regions se rebellent (soutenu par l Iran) et coupe le robinet des petrodollars. Ca ferait vaciller la monarchie. Il faut aussi comprendre que le royaume des saoud ressemble plus a game of thrones a l heure actuelle. Le nouveau roi se doit d etre fort et clivant afin de garder le pouvoir que tous ses freres et cousins veulent prendre....
a écrit le 04/01/2016 à 23:58 :
Le petrole saoudien est produit principalement dans les regions chiites. Voila qui me donne un debut d explication supplementaire. Les saoudiens ont peur que ces regions se rebellent (soutenu par l Iran) et coupe le robinet des petrodollars. Ca ferait vaciller la monarchie. Il faut aussi comprendre que le royaume des saoud ressemble plus a game of thrones a l heure actuelle. Le nouveau roi se doit d etre fort et clivant afin de garder le pouvoir que tous ses freres et cousins veulent prendre....
a écrit le 04/01/2016 à 22:24 :
Tous les spécialistes du Moyen-Orient sont d'accord pour dire qu'un conflit entre les Saoudiens et les Iraniens est improbable. Ils continueront a se combattre dans des pays tiers. Sauf que Ryad et son monarque sont concurrencés idéologiquement par le califat de Daesh, que leurs troupes s’embourbent au Yemen et que le front syrien s’éternise. Le bellicisme voir l’irrationalité se répandent dans la région, tous les dirigeants semblent poussés par un destin messianique. Qui aurait dit que Erdogan pourrait descendre un avion russe, personne. Mais quoiqu'il arrive la France est militairement impliqué, car les Émiratis s’engageront immédiatement au coté des Saoudiens et nous avec, car nous avons signé un accord de défense avec Dubai. Un accord qui n'aura rien apporté et qu'il serait peut être bon de réexaminer rapidement. Tout au moins que F.Hollande précise les règles d'engagement des forces françaises.
Réponse de le 05/01/2016 à 9:41 :
"Qui aurait dit que Erdogan pourrait descendre un avion russe, personne"
Arménie, Azerbaïdjan?
Turkmènes contre arméniens?
Et justement les russes ont bombardé des villages turkmènes au ras de la frontière turque, ce qui a amené la réaction turque!
Réponse logique à une provocation, ou peut-être un test pour analyser la solidarité intra OTAN.
Ne pas oublié qu'en occupant la Crimée, les russes se sont fortement rapprochés des cotes turques et s'approprient la Mer Noire où jusqu'alors les turques étaient peinards. Et maintenant ils s'installent massivement en Syrie. Pour aller de la Mer Noire à la Syrie, il faut passer par les Dardanelles, turques il me semble?
Et les turques souhaitent la chute d'Assad alors que les russes sont venus le sauver.
Les russes, winners, ont survolé à plusieurs reprises la Turquie et avaient aussi été prévenus plusieurs fois que ce n'était pas bien!
Mais il est vrai que les lois internationales, ils s'en foutent!
Mais ce ne sont vraiment que de tout petits détails qui ont du vous échapper.........
a écrit le 04/01/2016 à 18:54 :
" les États-Unis tentent de se poser en médiateur." C'était pour rire, j'espère... Que le prix du pétrole remonte arrangerait GRANDEMENT les us. Ils ont BESOIN des pétro-dollars.
Réponse de le 04/01/2016 à 20:21 :
"Que le prix du pétrole remonte arrangerait GRANDEMENT" encore plus la Russie en petite forme.
Plus de la moitié du budget russe dépend des exportations de gaz!
Part des exportations gaz-pétrole US dans le budget: ~ zéro
Si les sanctions n'étaient pas levées sur l'Iran, ce serait un concurrent géant de moins pour la Russie dans les hydrocarbures (notamment pour les exportations vers la Chine, l'Europe et l'Ukraine), le minier, et dans l'absorption d'investissements étrangers qui manqueront cruellement à la Russie. Tout le monde se presse pour aller investir et coopérer sur le marché iranien dès qu'il sera ouvert.
Le quota mondial d'investissements alloués chaque année n'étant pas élastique!
La Russie, même si les sanctions tombent, ...... un jour peut-être, va faire régime sur les investissements et commencer très bientôt à être mise en solde!
Comme c'est facile de casser votre argumentation "C'était pour rire, j'espère", avec une autre toute aussi idiote (ou pas), mais bien plus réaliste!
Sans rancunes cher anti-US-EU-pro-russe?
Alain d
Réponse de le 05/01/2016 à 0:30 :
@Yvan: Le prix du pétrole dépend bien souvent de la volonté des USA et de ses alliés, les Saoudiens étant évidemment le partenaire essentiel pour manipuler les cours.

Les USA débordent tellement de pétrole qu'ils viennent de s'autoriser à pouvoir être de nouveau exportateur.

Les Saoudiens prétextent de vouloir garder des parts de marché en ne limitant pas leur production.

Le pétrole à bon marché handicape très sérieusement la Russie, l'Iran et Daech, ca m'étonnerait fort que les USA aient envie que les prix remontent avant qu'au moins un de ces trois là mette un genou à terre.
Réponse de le 05/01/2016 à 9:18 :
@Bofbof
Vous êtes vraiment le seul à croire à votre histoire!
Les Etats-Unis sont les premiers à avoir licenciés des milliers d'employés dans le pétrolier et le para pétrolier, et ce n'est pas fini!
Et dans la liste des principales nations touchées on compte les principaux alliés des US dans la défense et dans l'économie.
C'est à dire, Canada, Australie, Brésil, Norvège et Royaume-Uni qui reste encore un gros producteur. Donc la zone économique privilégiée de US est fortement touchée, ce qui nuit au $.
Et ces nations ont aussi un seuil de rentabilité bien plus élevé que la Russie. Plus de 100$ pour le Canada, contre moins de 50 pour la Russie si je ne me trompe!
Et pendant ce temps le baril bas profite à l'UE, à la Chine et à l'Inde! Pensez-vous vraiment que les US apprécient cette situation qui va les affaiblir par rapport à EU et la Chine!

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