Le ralentissement de l'activité est bien réel aux Etats-Unis. La croissance économique est prévue à 0,7% en 2023 mais le chômage demeure à un niveau historiquement bas.
Le patron de la Fed pense que les Etats-Unis échapperont à la récession, Warren Buffett en est moins sûr. La prévision est d'autant plus difficile que les signaux sont contradictoires. Si les marchés immobilier et manufacturier marquent le pas, celui du travail reste dynamique, et la baisse de la demande de biens pourrait être en partie compensée par les services.
« La possibilité d'échapper à une récession est de mon point de vue plus probable que celle d'avoir une récession », indiquait le 3 mai Jerome Powell, le patron de la Réserve fédérale, lors de sa conférence de presse après l'annonce d'une dixième hausse consécutive des taux directeurs.
Cette rhétorique qui vise à neutraliser la charge dépressive qu'évoque l'expression « récession » pour les acteurs économiques trahit surtout l'embarras de l'institution face au niveau élevé d'incertitudes. D'autant que certains événements peuvent jeter le doute comme la spectaculaire faillite de plusieurs banques, dont la Silicon Valley Bank (SVB) ou encore le bras de fer politique entre démocrates et républicains pour relever le plafond de la dette, sans lequel l'administration fédérale devra fermer de nombreux services nécessaires au fonctionnement de l'économie.
Juguler l'inflation, la priorité
Ce qui est en revanche certain pour Jerome Powell, comme il n'a de cesse de le répéter, c'est que juguler l'inflation demeure son objectif principal. L'arme des taux pourrait néanmoins être maniée avec moins de tranchant, comme l'atteste la dernière hausse, de - seulement - 25 points de base. En effet, en mars, l'indice des prix s'est affiché en hausse de 5% contre 6% en février, sa plus faible progression mensuelle depuis mai 2021, faisant espérer une pause, notamment chez les investisseurs sur les marchés actions. Toutefois, un tel niveau reste encore loin de la cible des 2% que la Fed vise, et qu'elle ne prévoit d'atteindre qu'à la fin de 2024, après 3% estimés cette année.
Pourtant, le ralentissement de l'activité est bien réel aux Etats-Unis. La croissance économique est prévue à 0,7% en 2023 et 0,8% en 2024, selon les dernières prévisions de la Fed. Des chiffres qui ne trahissent pas pour l'instant une entrée en récession, qui advient selon la définition habituelle par la contraction de l'activité durant deux trimestres consécutifs. Néanmoins, aux Etats-Unis, le National Bureau of Economic Research (NBES) donne une caractérisation moins stricte : un déclin significatif de l'activité économique dans les différentes branches d'une durée supérieure à quelques mois, et qui doit se refléter notamment dans le PIB, l'emploi, la production industrielle, les ventes des secteurs manufacturier et du commerce.
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