République démocratique du Congo : cette guerre que l’on ne veut pas voir
François Clemenceau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© DR
François Clemenceau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© DR
À l'époque, c'était encore le Zaïre. Puis il y eut un génocide en 1994 dans le Rwanda voisin, celui de la minorité tutsie perpétré par des milices de la majorité hutue. Le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, hébergé, entraîné et armé par l'Ouganda, finit par s'emparer du pays alors que les génocidaires le fuyaient. Plusieurs millions de Hutus, qui craignaient les représailles du FPR, se réfugièrent dans la zone frontalière zaïroise du Kivu.
C'est aussi de cette région que partit en guerre en 1996, avec le soutien du Rwanda et de l'Ouganda, le rebelle Laurent-Désiré Kabila contre le régime du maréchal Mobutu. Un an plus tard, Kinshasa tombait. Le Zaïre fut rebaptisé République démocratique du Congo (RDC). En 2001, Kabila fut assassiné dans des circonstances qui restent encore troubles aujourd'hui. Son fils Joseph lui succéda. Puis ce fut le tour d'Étienne Tshisekedi, un ancien opposant au maréchal Mobutu et au clan Kabila. L'homme a hérité en 2019 d'une guerre invisible qui, au Kivu - un territoire grand comme un cinquième de la France et peuplé d'environ 15 millions d'habitants -, ne s'est jamais vraiment arrêtée. Depuis 1998, le bilan des conflits locaux et interétatiques par milices interposées y a fait, selon les estimations, au moins 6 millions de morts et a causé le déracinement de 4 millions de personnes.
À lire également
Six millions de morts ? En un quart de siècle ? Dans le plus grand pays d'Afrique subsaharienne ? L'une des guerres les plus meurtrières depuis 1945 ? Comment se fait-il qu'elle nous ait été cachée ? Et qu'elle puisse même devenir totalement invisible dans les mois qui viennent puisque les seuls observateurs relativement impartiaux de ce conflit - la Mission de l'Organisation des Nations unies en République du Congo (Monusco) - viennent de jeter l'éponge et de rendre cette semaine à l'armée congolaise la première de ses bases au Kivu.
François Clemenceau