Russie, Chine : comment les patrons français se préparent à la nouvelle géopolitique des affaires

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Cet été, Carlos Tavares, le directeur général du groupe Stellantis, ne prenait pas de pincettes pour commenter la situation du business en Chine : « Cela fait plusieurs années qu'à travers les discussions et négociations, j'ai perçu un changement de comportement de la part de nos partenaires d'affaires en Chine. La politisation du modèle d'affaires chinois est allé crescendo depuis 5 ans (...) Pour tous les acteurs occidentaux, vendre des véhicules en Chine devient de plus en plus difficile ».
À lire également
Ces mots, le grand patron les a prononcés lors d'une table ronde organisée à l'occasion de la présentation des résultats semestriels de son groupe. Stellantis venait d'annoncer la fin d'une coentreprise avec un partenaire chinois qui produisait jusqu'à présent ses SUV Jeep. Les mois précédents, Tavares avait tenté de prendre le contrôle de cette filiale, pour rééquilibrer une relation jugée inégalitaire. Certaines mauvaises langues pointent l'échec de Stellantis en Chine, mais Tavares a profité de la tribune qu'on lui a donnée pour pointer les nouveaux risques géopolitiques liés aux tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis, et a taclé au passage ses concurrents : « Quand il y a des sanctions croisées entre l'Occident et des Etats non-occidentaux, les premières victimes ce sont les entreprises occidentales. Nous l'avons vu en Iran ou en Russie (...) Volkswagen et GM sont très présents là-bas et je ne voudrais pas être à leur place. Je préfère me mettre à l'abri. Nous sommes une entreprise occidentale et s'il y a des sanctions croisées il ne faut pas que je me fasse prendre les doigts dans la porte ».
Marc Endeweld