Soupçons d'espionnage en Russie : le Français Laurent Vinatier placé en détention provisoire jusqu'au 5 août
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Le drapeau russe flotte sur le dome du batiment du senat du kremlin a moscou
EVGENIA NOVOZHENINA
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Le drapeau russe flotte sur le dome du batiment du senat du kremlin a moscou
EVGENIA NOVOZHENINA
[Article publié le vendredi 7 juin à 10H44 et mis à jour à 17H11] Le Français Laurent Vinatier, accusé d'avoir violé la loi sur les « agents de l'étranger », est placé en détention provisoire jusqu'au 5 août, a ordonné ce vendredi un tribunal de Moscou. L'accusé a pourtant présenté des « excuses » pour ne pas s'être enregistré comme agent de l'étranger et a affirmé avoir « porté la position de la Russie » dans son travail.
Le Comité d'enquête russe, puissant organe d'investigation, avait demandé le placement en détention provisoire de Laurent Vinatier, a indiqué ce vendredi à l'AFP son avocat, Alexeï Sinitsyne.
L'homme de 48 ans qui travaille pour l'ONG suisse de résolution des conflits, « Centre pour le dialogue humanitaire », avait été interpellé dans un restaurant de Moscou, selon une vidéo diffusée par le comité d'enquête russe, jeudi, sur fonds d'accusations d'espionnage. Il a ensuite été inculpé de collecte de renseignements militaires, a rapporté ce vendredi l'agence TASS citant le comité d'enquête.
Laurent Vinatier est suspecté d'avoir illégalement récolté des informations sur les activités militaires de la Russie, mais a été formellement poursuivi à ce stade pour avoir violé une loi traitant des « agents de l'étranger », législation utilisée par Moscou pour réprimer ses détracteurs, et un délit passible de cinq ans de prison. Mais le langage des enquêteurs, qui évoquent une « collecte ciblée d'informations dans le domaine des activités militaires et militaro-techniques de la Russie », laisse présager des poursuites encore plus graves. Les informations qu'il aurait récoltées, « si elles sont obtenues par des sources étrangères, pourraient être utilisées contre la sécurité de l'État » russe, a affirmé la même source sans plus de précisions.
Selon des sources interrogées par l'AFP, Laurent Vinatier, né en 1976, travaillait depuis de longues années sur le conflit entre la Russie et l'Ukraine, dans le cadre de discrets efforts diplomatiques en parallèle des États.
L'employeur de ce Français, a demandé jeudi « la libération » de son collaborateur. De son côté, Emmanuel Macron a confirmé, quelques heures après l'annonce de l'arrestation jeudi soir, qu'un ressortissant français avait été arrêté en Russie.
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Emmanuel Macron a toutefois nié les accusations d'espionnage formulées à son encontre par les autorités russes, dénonçant une campagne d'« intoxication » de Moscou en parallèle à la guerre en Ukraine. Le président a aussi affirmé que le Français arrêté « recevra toutes les protections consulaires » prévues dans ce cas-là.
Cette arrestation intervient en pleines tensions politico-militaires entre Paris et Moscou. Après la récente annonce de l'Elysée sur un possible envoi de conseillers militaires français au Donbass, le Kremlin a prévenu qu'ils seront ciblés et éliminés. Les tensions vont aussi croissant entre la Russie et la Suisse, à la veille de la tenue d'une « conférence pour la paix » le 15 juin à Bürgenstock, où Moscou a décidé de n'envoyer aucune délégation.
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Moscou enchaîne les provocations. Le 1er juin, les Parisiens ont découvert, au pied de la Tour Eiffel, des cercueils recouverts d'un drapeau français portant l'inscription « soldats français de l'Ukraine ». Puis, le 3 juin, la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) a arrêté un Russo-Ukrainien, à Roissy-en-France (Val-d'Oise), soupçonné d'avoir voulu mener une action violente.
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