Les approximations et les inepties peuvent être redoutables pour un attaché de presse. Depuis sa prise de poste à la Maison Blanche, le porte parole Sean Spicer multiplie les dérapages et les imprécisions provoquant à chaque fois des polémiques dans l'opinion publique.
Le porte-parole de l'administration Trump a provoqué un tollé lors de la conférence de presse quotidienne donnée mardi 11 avril. Interrogé sur la politique américaine en Syrie à la suite des bombardements effectués la semaine dernière, il a déclaré :
A la suite de cette déclaration, des journalistes présents pendant le point presse sont restés perplexes. Il a donc tenté de clarifier ses propos tout en ajoutant de la confusion dans sa réponse :
Outre l'utilisation du gaz zyklon B dans les camps de concentration et d'extermination, plusieurs historiens ont rappelé que le régime nazi avait utilisé en 1942 des armes chimiques sur le front en Crimée. Malgré ses excuses et la publication d'un communiqué, le centre Anne Franck ainsi que plusieurs membres de l'opposition démocrate ont demandé sa démission.
Au cours du seul mois de janvier, le porte parole de Donald Trump avait évoqué à au moins trois reprises un attentat à Atlanta qui n'a jamais eu lieu. Sean Spicer avait également mis en avant les attentats de San Bernardino ou Boston pour justifier la signature du décret très controversé censé interdire pour 90 jours l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane: Libye, Somalie, Iran, Irak, Syrie, Yémen et Soudan.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Mais comme le souligne Le Soir, la dernière attaque terroriste à avoir touché Atlanta a eu lieu il y a 21 ans au moment des Jeux olympiques. Cet attentat à la bombe avait fait deux morts et une centaine de blessés dans le parc du Centenaire. Il a été perpétré par un terroriste d'extrême droite originaire de Floride et n'avait donc aucun rapport avec un attentat terroriste islamiste. A la suite de ses déclarations, Sean Spicer avait refusé tout commentaire.
L'attaché de presse n'est pas le seul dans l'entourage de Donald Trump à utiliser ce procédé pour légitimer des décisions parfois controversées en matière d'immigration. La spécialiste des sondages Keylliane Konway et ancienne porte-parole du milliardaire pendant la campagne présidentielle avait également évoqué un massacre dans le Kentucky, près de la ville de Bowling Green, qui n'a jamais eu lieu.
Lors de l'investiture de Trump, l'attaché de presse déclare en direct que "c'était la plus grande foule que l'on ait jamais vue à une investiture, point barre".
A l'aide des photos postées sur les réseaux sociaux et par les médias, les Américains ont pu rapidement remarquer les inepties exprimées par Sean Spicer.
A la suite de ces déclarations, des internautes ont même créé un compte Twitter "@SpicerFacts" ("les faits de Spicer") pour tourner les propos du responsable de la communication en dérision :
À lire également
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Transparence salariale : la France accélère la transposition sous pression européenne
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France