Tensions commerciales : Bruxelles et Pékin se mettent autour de la table
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La Commission européenne a annoncé le 20 août sa décision de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine.
DADO RUVIC
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La Commission européenne a annoncé le 20 août sa décision de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine.
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Bruxelles et Pékin vont enfin se mettre autour de la table afin de discuter de la mise en place des droits de douane par l'UE sur les voitures électriques chinoises. Le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, doit rencontrer le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, à Bruxelles le 19 septembre, a déclaré ce jeudi le porte-parole de la Commission, Olof Gill, lors d'un point presse.
Pour rappel, la Commission européenne a annoncé le 20 août sa décision de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine. Pékin est accusé d'avoir faussé la concurrence en subventionnant massivement les constructeurs sur son territoire, leur permettant d'offrir des prix inférieurs. Bruxelles va par conséquent ajouter aux 10% de taxe déjà en place une surtaxe, allant jusqu'à 36%, à l'encontre des importations de véhicules électriques chinois. Le porte-parole de la Commission, Olof Gill, a répété jeudi que l'UE était « ouverte à une solution négociée » avec Pékin. Cependant, l'exécutif européen a pour l'instant jugé insuffisantes les propositions soumises par des constructeurs chinois.
« Plusieurs exportateurs » ont proposé de s'engager à respecter des prix d'importation minimums dans l'UE afin de compenser les subventions incriminées. Après avoir « minutieusement » examiné les offres, « la Commission a conclu qu'aucune d'entre elles ne répondait à ses exigences », a déclaré Olof Gill.
Avant de devenir définitifs, les droits de douane doivent être confirmés par un vote des 27 États membres de l'UE, avant la fin du mois d'octobre. Mais ils sont divisés sur le sujet. En déplacement à Shanghai, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a appelé mercredi les pays membres de l'UE et la Commission à « revoir » leur position.
Et pour cause, Pékin a lancé en représailles une enquête anti-dumping sur les importations de porc et de produits à base de porc, dont l'Espagne est le plus grand exportateur européen vers la Chine. Pour mémoire, l'Empire du milieu a déposé un recours auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et a ciblé les importations de produits laitiers européens avec une enquête anti-subventions.
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« Comme je l'ai dit auparavant, nous n'avons pas besoin d'une autre guerre, une guerre commerciale dans ce cas », a affirmé Pedro Sanchez mercredi. « Je pense que nous avons besoin de construire des ponts entre l'Union européenne et la Chine », a-t-il ajouté, « et depuis l'Espagne, ce que nous ferons c'est être constructifs et essayer de trouver une solution, un compromis entre la Chine et l'Union européenne ».
Mardi, le Premier ministre espagnol avait déjà prôné « une solution négociée (...) dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce » pour résoudre les tensions commerciales entre Chine et Union européenne.
Pedro Sanchez a reçu mercredi le soutien du chancelier allemand, Olaf Scholz. Ce dernier avait exprimé de longue date son hostilité aux taxes sur les véhicules chinois défendues notamment par la France. La puissante industrie automobile allemande est fortement implantée en Chine, premier marché mondial, et redoute une guerre commerciale.
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Les pays membres ont toutefois peu de chance d'empêcher la mise en place de taxes, largement soutenue au sein du Conseil. Pour contrer la Commission, ils doivent réunir 15 États sur 27 représentant 65% de la population de l'UE. Or, comme souvent, l'Allemagne risque de s'abstenir, paralysée par les divisions entre Verts, libéraux et sociaux-démocrates au sein du gouvernement fédéral.
(Avec AFP)
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