La Chine remet la pression sur l'UE : Pékin lance (encore) une enquête commerciale
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En juin, Pékin a aussi lancé une enquête antidumping sur les importations de porc et de produits porcins en provenance de l'Union européenne.
Reuters
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En juin, Pékin a aussi lancé une enquête antidumping sur les importations de porc et de produits porcins en provenance de l'Union européenne.
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[Article publié mercredi 21 août 2024 à 11h31, mis à jour à 13h58] Nouveau feuilleton dans le conflit commercial opposant Bruxelles et Pékin. La Chine a annoncé ce mercredi l'ouverture d'une enquête sur des pratiques commerciales de l'Union européenne jugées déloyales concernant certains produits laitiers importés. Une manne financière pour l'UE, qui, l'an dernier, a exporté pour 1,68 milliard d'euros de produits laitiers vers la Chine, selon des données d'Eurostat citées par la Commission européenne.
Dans le détail, l'enquête porte sur des produits comme le fromage frais et le lait caillé, le fromage bleu ainsi que certains laits et crèmes, a-t-on précisé. La procédure vise de surcroît un certain nombre de subventions accordées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) de l'UE.
A noter aussi : l'enquête sur les produits laitiers doit être conclue dans un délai d'un an, mais elle pourra éventuellement être prolongée de six mois, précise le communiqué du ministère. Si l'enquête démontre que les pratiques de l'UE sont déloyales et nuisent à la concurrence, la Chine pourra ensuite décider d'imposer des surtaxes sur ces produits pour protéger son marché.
Le timing de cette annonce est pour le moins étonnant. Et pour cause, elle intervient au lendemain de nouvelles taxes douanières annoncées mardi par l'Union européenne (UE) sur les voitures électriques provenant de Chine, y compris celles du constructeur américain Tesla qui possède une usine à Shanghai.
Lire aussiBruxelles défie Pékin et menace d'imposer les voitures électriques chinoises... jusqu'à 36%
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Bruxelles estime en effet que les prix des véhicules chinois sont artificiellement bas, du fait de subventions d'État qui faussent le marché et nuisent à la compétitivité des constructeurs européens.
Ces nouvelles surtaxes, mises en place d'ici fin octobre (sauf vote contraire des 27 États membres de l'UE), peuvent atteindre jusqu'à 36%. La majeure partie des constructeurs chinois est concernée par ces nouveaux droits de douanes européens. Bruxelles imposera ainsi des surtaxes de 17% au fabricant chinois BYD, de 19,3% à Geely, et de 36,3% à SAIC.
Dans la foulée, la Chambre de commerce chinoise dans l'UE avait fustigé le « protectionnisme » et les pratiques commerciales « injustes », induites par ces droits de douanes spécifiques.
Même tonalité en début de ce mois d'août où la Chine a saisi l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à propos de ces surtaxes. Avec le même argumentaire... Pékin qualifiant la démarche de Bruxelles de « politique » et dénuée d'« aucune base factuelle ».
Pour mémoire, Pékin avait déjà annoncé en janvier enquêter sur une infraction supposée à la concurrence des eaux-de-vie, comme le cognac, importées de l'UE et en particulier de la France.
En juin, elle a aussi lancé une enquête antidumping sur les importations de porc et de produits porcins en provenance de l'Union européenne. Des marchandises principalement produites en Espagne, en France, aux Pays-Bas et au Danemark. Les vins et voitures à grosses cylindrées seraient aussi dans le viseur des autorités chinoises, selon la presse du pays.
De son côté, Bruxelles n'est pas en reste. La Commission européenne a ouvert début avril une enquête visant les fabricants chinois d'éoliennes, ces derniers étant soupçonnés d'avoir reçu des subventions massives, ce qui, encore une fois, fausse la concurrence sur le marché européen.
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Dans l'UE, les éoliennes chinoises sont vendues à des prix jusqu'à 50% inférieurs à ceux des concurrents européens, selon WindEurope, le lobby européen du secteur. « Il n'est pas possible de faire cela sans subventions publiques injustes », avait déploré auprès de l'AFP Giles Dickson, son directeur général. En réponse, la Chine avait - sans grande surprise - vivement protesté contre cette investigation.
(Avec AFP)
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