TotalEnergies gèle ses financements auprès du géant indien Adani
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« L'inculpation ne vise pas la société Agel elle-même, ni aucune entreprise liée à Agel (...) », précise TotalEnergies.
Benoit Tessier
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« L'inculpation ne vise pas la société Agel elle-même, ni aucune entreprise liée à Agel (...) », précise TotalEnergies.
Benoit Tessier
Alors que le dirigeant du conglomérat indien Adani et son neveu sont inculpés pour des faits de corruption présumés par la justice fédérale américaine, TotalEnergies a déclaré, ce lundi, qu'il n'apporterait pas de nouvelle contribution financière dans le cadre des investissements qu'il détient en commun avec lui.
Craignant un retour de flamme réputationnel, le groupe français « rappelle que ses investissements dans les entités d'Adani ont été réalisés en conformité avec les lois applicables et avec ses propres processus de gouvernance interne (et qu'il n'a) pas été informé de l'existence d'une enquête portant sur les faits de corruption allégués ».
TotalEnergies précise qu'il a acquis en janvier 2023 une participation minoritaire dans la société cotée Adani Green Energy Limited (Agel), dont il détient désormais 19,75%. Il a également acquis une participation de 50% dans 3 coentreprises avec Agel, exploitant d'actifs renouvelables.
« L'inculpation ne vise pas la société Agel elle-même, ni aucune entreprise liée à Agel (...) TotalEnergies, qui n'est ni visé ni impliqué dans les faits décrits par cet acte d'accusation, prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts en tant qu'actionnaire minoritaire (19,75%) d'Agel? et en tant que partenaire (50%) dans des coentreprises avec Agel », a indiqué le groupe.
Dans le détail de l'affaire, Gautam Adani, 62 ans, est soupçonné d'avoir participé au versement de 250 millions de dollars de pots-de-vin à des fonctionnaires indiens pour obtenir des marchés dans l'énergie solaire en Inde, au détriment d'investisseurs aux Etats-Unis. Le groupe Adani a démenti jeudi ces accusations qualifiées de « sans fondement », et promis de les contester devant la justice.
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Il ne s'agit pas du premier scandale impliquant l'entreprise. En 2023, le groupe Adani avait été accusé de « manipulation éhontée » des cours de ses propres actions et de « fraude comptable sur plusieurs décennies » par la société d'investissement américaine Hindenburg Research.
Gautam Adani avait rejeté ces accusations, mais son groupe avait vu sa valeur boursière amputée de plus de 150 milliards de dollars, et sa fortune personnelle fondre de 80 milliards de dollars. Le magnat, deuxième fortune d'Inde, et son entreprise, ont depuis compensé une grande partie de ces pertes.
La nouvelle affaire jette de nouveau le trouble sur l'empire Adani, un groupe dont les activités s'étendent des mines de charbon et énergies renouvelables, jusqu'aux ports et aéroports ou encore aux médias. Le multimilliardaire est considéré comme un proche du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi.
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Le chef de l'opposition Rahul Gandhi a une nouvelle fois accusé jeudi l'homme d'affaires d'avoir profité de sa relation avec Narendra Modi, originaire comme lui de l'Etat du Gujarat (nord-ouest), pour bâtir sa fortune en remportant des marchés de manière déloyale. Il a exigé « l'arrestation immédiate » de Gautam Adani, et accusé le Premier ministre de « le protéger ».
(Avec agences)
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