En érigeant des bannières douanières protectionnistes élevées sur les technologies bas carbone, les Etats-Unis pourraient créer un effet ricochet dans d'autres zones géographiques, estime TotalEnergies. Ce qui pourrait ralentir la transition énergétique à l'échelle mondiale.Qu'importe l'issue de l'élection présidentielle américaine, qui oppose Donald Trump et Kamala Harris, les Etats-Unis donneront le LA de la transition énergétique à travers le monde au cours des 25 prochaines années. Voici la vision que TotalEnergies a partagé lors de son nouvel Energy outlook, qui présente trois scénarios possibles d'évolution de la demande et de la production d'énergies à travers le monde à l'horizon 2050.
Un exercice prospectif auquel la major pétro-gazière s'est prêtée pour la sixième année consécutive, lundi 4 novembre, et qui lui permet de faire évoluer sa propre stratégie, a expliqué brièvement Patrick Pouyanné, le PDG de la multinationale, particulièrement discret lors de cette présentation.
« Les Etats-Unis vont jouer un rôle absolument majeur et dominant dans l'impulsion du rythme de la transition énergétique. Pourquoi ? Parce qu'ils ont une abondance d'énergies fossiles, de pétrole et de gaz », a assuré, pour sa part, Aurélien Hamelle, le nouveau directeur de la stratégie du groupe. De quoi leur offrir un avantage concurrentiel significatif, grâce à l'absence des coûts de transport et de transformation, et donc la possibilité « de choisir leur rythme de transition » dans un contexte de vive « concurrence géopolitique pour l'accès aux technologies bas carbone , a-t-il poursuivi.
Premier producteur de pétrole et premier exportateur de GNL
De fait, la révolution du gaz et du pétrole de schiste a propulsé les Etats-Unis dans une position extrêmement favorable. Alors qu'en 2010, ils ne comptaient que pour 9% des parts de marché dans la production pétrolière mondiale, ils détiennent désormais quasiment 20% du marché. De quoi les catapulter au rang de premier producteur de pétrole. Même phénomène sur le gaz. En l'espace de 15 ans, les Etats-Unis sont passés d'une position où ils n'exportaient pas de gaz à celle de premier exportateur de Gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde, devant le Qatar.