Ukraine, le conflit se déroule aussi en ligne : les géants de la tech s'attaquent aux médias proches de Moscou
Guillaume Renouard
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Photo d'illustration
DADO RUVIC
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La vidéo montre un homme au sol, la jambe gauche arrachée, hurlant de douleur, tandis qu'un autre s'écrie que le malheureux vient d'être victime d'un tir d'obus ukrainien. Problème : une analyse détaillée montre que l'homme porte une prothèse, et qu'il s'agit donc d'une mise en scène. Cette vidéo, prise dans la république de Donetsk et relayée par les media russes, n'est qu'un des nombreux exemples qui montrent la guerre de la désinformation à laquelle se livre le Kremlin dans le cadre de son invasion de l'Ukraine.
Une photo montrant un prétendu blindé ukrainien en territoire russe, une vidéo de troupes ukrainiennes ayant passé la frontière, une explosion de voiture présentée comme un attentat de l'Ukraine contre le chef de la police de Donetsk... Autant de soi-disant preuves diffusées sur les réseaux sociaux et les media russes, afin de démontrer l'attitude belliqueuse de son voisin et justifier son invasion.
Des sources dont les équipes de vérification des faits, qui travaillent d'arrache-pied depuis le début du conflit en Ukraine, ont rapidement détecté le caractère superficiel, démontrant chaque fois qu'il s'agissait de montages ou d'anciennes vidéos.
Ces tentatives de manipulation quelque peu grossières vont à l'encontre d'une Russie passée experte dans la diffusion de faux contenus et la manipulation de l'opinion, note Julien Nocetti, chercheur à l'IFRI et spécialiste de l'internet russe. « Il y a, depuis quelques années en Occident, tout un fantasme autour du hacker russe, présenté comme tout-puissant et capable d'influencer la scène politique et militaire internationale. On voit aujourd'hui que ce mythe est tout de même très éloigné de la réalité », affirme le chercheur.
Guillaume Renouard