Une croissance mondiale meilleure que prévu et une inflation en léger recul en 2023, selon le FMI

Alors qu'en avril, le Fonds monétaire international avait révisé à la baisse ses prévisions pour l'économie mondiale, elles sont, cette fois, plus optimistes faisant état d'une croissance de 3% en 2023. Et ce grâce à de bonnes perspectives dans les économies avancées comme dans les principaux pays émergents.
En avril dernier, le FMI avait révisé légèrement à la baisse ses prévisions de croissance par rapport à janvier.
En avril dernier, le FMI avait révisé légèrement à la baisse ses prévisions de croissance par rapport à janvier. (Crédits : Yuri Gripas)

Les perspectives s'éclaircissent - un peu - selon le Fonds monétaire international. Ce dernier a révisé ce mardi en légère hausse sa prévision de croissance mondiale pour 2023. À l'occasion de la publication des données actualisées de son rapport annuel sur l'économie mondiale (WEO), le FMI a ainsi indiqué s'attendre désormais à une croissance de 3% cette année, et qui restera stable en 2024, avec notamment une forte réévaluation pour les économies espagnole, russe et latino-américaines. Le fonds fait, en effet, état de prévisions moins pessimistes qu'initialement attendues tant pour les économies avancées que les principaux pays émergents.

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« Notre projection pour cette année s'améliore et l'inflation baisse, ce sont deux bonnes nouvelles », a ainsi détaillé à l'AFP le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas ce mardi, « mais nous n'en sommes pas encore sortis et la croissance reste faible, notamment du fait d'un ralentissement marqué des économies avancées », a-t-il prévenu.

Mieux que prévu

En avril dernier, le FMI avait révisé légèrement à la baisse ses prévisions de croissance par rapport à janvier. Le fonds prévoyait que la croissance planétaire du PIB allait ralentir à 2,8% en 2023 et 3% en 2024, contre respectivement 2,9% et 3% lors de la dernière mise à jour trois mois plus tôt. En 2022, la croissance mondiale avait bondi de 3,4% dans le sillage de la reprise post-Covid.

La plupart des économies avancées, comme des principaux pays émergents, semblent donc réaliser de meilleures performances que ne le craignait jusqu'ici le Fonds, malgré une politique monétaire désormais restrictive quasiment partout, afin de lutter contre une inflation qui reste « obstinément élevée ». Depuis mars 2022, la Réserve fédérale américaine (Fed) a procédé à dix hausses de ses taux directeurs afin de lutter contre l'inflation. Et si elle a marqué une pause lors de sa dernière réunion, mi-juin, maintenant les taux dans la fourchette de 5,00 à 5,25%, un nouveau relèvement devrait intervenir le 26 juillet prochain, les conjuristes tablant sur 25 points de base. De la même manière, la Banque centrale européenne (BCE) devrait annoncer jeudi une énième hausse de 25 points de base faisant grimper le taux de dépôt des liquidités bancaires à la BCE, qui fait référence, à 3,75%.

Lutte contre l'inflation

Des resserrements de politiques monétaires qui semblent avoir porté leurs fruits puisque, sur le front de l'inflation, le FMI s'attend également à du léger mieux d'ici à la fin de l'année estimant que celle-ci devrait atteindre 6,8% au niveau mondial en fin d'année, 0,2 point de pourcentage de moins que prévu en avril. Pour autant, elle devrait durer, selon le fonds : fin 2024, elle devrait être encore à 5,2%, alors qu'en mars l'institution l'attendait 0,3 point de pourcentage moins élevée. « Le ralentissement que nous observons est largement dû à la détente des prix en Chine, en particulier dans l'industrie au deuxième trimestre, » a détaillé Pierre-Olivier Gourinchas. Le FMI insiste donc sur la nécessité de poursuivre le resserrement monétaire afin de ramener l'inflation vers sa cible, même si cela implique un effet sur l'économie, jusqu'ici largement plus résiliente qu'attendu, en particulier dans les pays émergents.

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Car c'est bien-là le risque que font peser les politiques monétaires des banques centrales en vigueur sur la croissance économique : celui d'une récession. L'Allemagne, par exemple, ne devrait pas y échapper en 2023, bien qu'elle soit le seul pays du G7 à être concerné. Une récession qui semble d'ailleurs de plus en plus inévitable et un peu plus marquée qu'attendu en avril, pour le FMI, qui table désormais sur un repli de 0,3%, contre seulement 0,1% en avril.

À l'inverse, les autres principales économies européennes résistent mieux, la prévision pour l'économie française passant à 0,8% (+0,1 point par rapport à avril) et celle de l'Italie à 1,1% (+0,4 point) quand l'économie espagnole semble même montrer de réels signes de bonne santé (2,5% attendu, +1 point).

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Le risque de récession semble également être écarté aux Etats-Unis, bien qu'elle ait été longtemps annoncée. Malgré les hausses successives de taux depuis mars 2022, le FMI attend désormais une croissance de 1,8% pour son économie, contre 1,6% en avril dernier. Et pour cause, l'économie américaine s'est montrée particulièrement solide au premier trimestre, avec une croissance de 2% en rythme annualisé, avec un acquis de croissance pour l'année qui était estimé à 0,9% selon l'OCDE.

« Le marché de l'emploi reste très solide et tendu et l'inflation, même l'inflation sous-jacente, est moins importante, même si elle ne ralentit pas assez vite. Mais on observe également des signes de ralentissement, raison de notre révision pour l'année prochaine », attendue désormais à tout juste 1%, a souligné Pierre-Olivier Gourinchas.

Prévisions maintenues pour la Chine

Du côté des pays émergents, les prévisions de croissance de l'économie chinoise restent inchangées, à 5,2% en 2023 et 4,5% en 2024, malgré les inquiétudes sur le risque de ralentissement, et les conséquences qu'aurait une potentielle déflation, alors que l'inflation était nulle en juin, sur un an. « Nous gardons nos prévisions inchangées car nous pensons que la Chine peut réussir à atteindre ses objectifs de croissance mais cela demandera du soutien de la part des autorités, en termes de politique monétaire comme budgétaire, en particulier à destination des consommateurs », selon Pierre-Olivier Gourinchas.

À l'inverse, les principales économies d'Amérique latine semblent aller mieux, profitant d'excellentes performances sur le plan commercial, un excédent record pour le Brésil, et des investissements, le Mexique profitant largement de la volonté américaine de renforcer les chaînes d'approvisionnement. Ces deux pays voient leurs prévisions de croissances être relevées pour 2023 respectivement de 1,2 point, à 2,1%, et de 0,8 point, à 2,6%, par rapport à l'estimation d'avril.

Quant à la Russie, qui devait s'attendre en 2023 à une sévère récession, selon le rapport initial du FMI publié en octobre dernier, elle ne cesse de voir ses prévisions s'améliorer : attendue à 0,7% pour 2023 en avril dernier, elle peut espérer voir son économie connaître une croissance de 1,5%, estime désormais le Fonds.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 26/07/2023 à 7:52
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C'est n'importe quoi ces réseaux internationaux d'emplois fictifs, l'oligarchie pourrait se répandre discrètement quand même hein.

à écrit le 25/07/2023 à 21:10
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🤣😂 bientôt nous allons avoir des pronostics du FMI au jour le jour🤣😂Rassérénez, rassérénez...c'est bien, tout va bien. Ceci me rappelle un sketch de Dany Boon: "je vais bien, tout va bien, je vais bien, tout va bien!!! Eh la Tribune, ouvrez moi une c...

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