Une membre de la Fed met en garde contre une baisse trop rapide des taux
latribune.fr
Selon Michelle Bowman, il existe « plus de risques du côté de la stabilité des prix, en particulier dans la mesure où le marché de l'emploi reste proche du plein emploi, même s'il est possible que nous finissions par observer une détérioration des...
Michelle Browman a affirmé que diminuer trop fortement les taux directeurs de la Reserve fédérale américaine, lors des prochaines réunions, pourrait relancer l'inflation.
La bataille contre l'inflation ne serait donc pas finie? Pour Michelle Bowman, membre du bureau des gouverneurs de la Fed, une baisse trop rapide de ses taux directeurs par la Réserve fédérale (Fed) pourrait présenter le risque de « stimuler la demande sans nécessité et potentiellement relancer les pressions inflationnistes », a-t-elle alerté ce mercredi.
Pour rappel, après avoir longtemps patienté, la Fed est entrée dans un cycle de baisse de ses taux, qui ont été ramenés lors de la dernière réunion, au lendemain des élections présidentielles aux Etats-Unis, à une fourchette comprise entre 4,50% et 4,75%.
« Nous avons observé des progrès considérables dans la lutte contre l'inflation depuis le début de l'année 2023 mais ces progrès semblent ralentir ces derniers mois », a souligné Michelle Bowman. Or, selon la gouverneure, il existe « plus de risques du côté de la stabilité des prix, en particulier dans la mesure où le marché de l'emploi reste proche du plein emploi, même s'il est possible que nous finissions par observer une détérioration des conditions d'emploi ».
Incertitude sur la direction de l'économie
Les responsables de la banque centrale américaine, à commencer par son président Jerome Powell, ont insisté à de nombreuses reprises sur la nécessité de s'appuyer sur les données disponibles pour déterminer de l'évolution de la politique monétaire de la Fed.
Justement, ces données soulignent «l'incertitude existante, alors que de nombreuses variables peuvent faire évoluer les conditions économiques à l'avenir, cela doit nous inciter à faire preuve de prudence».
Michelle Bowman estime par ailleurs que le taux neutre, c'est-à-dire le taux réel une fois pris en compte le niveau de l'inflation, pourrait être « bien plus élevé qu'il ne l'était avant la pandémie ». « Nous sommes sans doute plus proches du taux neutre que nous ne le pensons actuellement », a-t-elle ajouté, insistant sur la nécessité d'« agir avec prudence ».
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Vers une baisse moins rapide que prévue
En attendant plus d'éclaircissements, le marché estime à 60% la probabilité d'une nouvelle baisse en décembre, selon l'outil de veille de CME, FedWatch. De leur côté, 90% des économistes interrogés par Reuters anticipent que la Fed va baisser à nouveau ses taux directeurs en décembre. Mais une majorité d'entre-eux estiment que le rythme de réductions des coûts d'emprunt en 2025 sera moindre qu'initialement prévu
C'est la perspective d'un rebond de l'inflation, en s'appuyant sur la politique prévue par Donald Trump avec notamment un relèvement des droits de douane sur les importations et une baisse des impôts, qui a conduit les marchés à réduire leurs anticipations de baisses de taux, à environ 0,75 point de pourcentage au total d'ici fin 2025. Ce rythme est moitié moindre que celui prévu il y a à peine un mois. La résistance de l'économie, la persistance de l'inflation et les marchés boursiers qui flirtent avec des niveaux record sont devenus des obstacles à une accélération de la baisse des taux.
Si les marchés restent partagés sur la possibilité d'une nouvelle baisse des taux lors de la dernière réunion de l'année, prévue les 17 et 18 décembre, ils estiment qu'à terme les taux pourraient descendre entre 4,00 et 4,25% au cours de la première moitié de l'année 2025, selon l'outil de veille de CME, FedWatch.