Variante du virus : le Royaume-Uni redoute une pénurie de certains produits frais à Noël

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(Crédits : Reuters)
La chaîne de magasins Sainsbury's a averti que si la situation devait se prolonger, des problèmes vont apparaître sur l'approvisionnement en produits périssables comme "la laitue, certaines salades, les choux-fleurs, les brocolis et les agrumes, qui sont tous importés depuis le continent en cette période de l'année.

Tandis que les pays européens ont annoncé un à un l'arrêt des connexions aéroportuaires ou maritimes avec la Grande-Bretagne, le pays pourrait faire face à une pénurie sur certains produits frais. Ces ruptures de stocks pourraient concerner les agrumes et les salades à Noël à cause du chaos à la frontière britannique, fermée à destination de nombreux pays par crainte d'une nouvelle variante du coronavirus.

Les magasins britanniques ont fait des stocks qui devraient "éviter des problèmes immédiats" de pénurie pour Noël estime Andrew Opie, de l'association sectorielle de la distribution British Retail Consortium (BRC), sur Twitter lundi.

La chaîne de supermarchés Sainsbury's s'est elle aussi voulue rassurante: "tous les produits pour le déjeuner traditionnel de Noël sont déjà dans le pays et en large quantité", d'après un communiqué.

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"Nous nous approvisionnons le plus possible au Royaume-Uni et étudions des modes de transport alternatifs pour des produits venant d'Europe", ajoute la chaîne.

Sainsbury's avertit toutefois que si la situation se prolonge, des problèmes vont apparaître sur l'approvisionnement en produits périssables comme "la laitue, certaines salades, les choux-fleurs, les brocolis et les agrumes, qui sont tous importés depuis le continent en cette période de l'année".

Ian Wright, directeur général de la Food and Drink Federation, se montre un peu plus pessimiste et affirme que la suspension de l'arrivée des cargos accompagnés (à savoir par camion routier) en Europe depuis le Royaume-Uni "a le potentiel de causer des perturbation dans l'approvisionnement en produits frais pour Noël au Royaume-Uni".

Coup de massue

Il fait en effet remarquer que les routiers en provenance de l'UE "ne vont pas vouloir voyager s'ils craignent de rester coincés" au Royaume-Uni, poursuit-il dans un communiqué, appelant le gouvernement de Boris Johnson à convaincre les autorités françaises de revoir leur position.

La fermeture de la frontière à la sortie du Royaume-Uni à cause d'une nouvelle variante particulièrement contagieuse du coronavirus a causé le chaos autour du port de Douvres, qui était déjà très encombré depuis des semaines à cause des stockages de produits en vue du Brexit, et pour rattraper les retards de commandes dus aux confinements à travers le Royaume-Uni depuis mars.

"Toute fermeture prolongée de la frontière avec la France créerait un problème" sachant que le Royaume-Uni entre dans la dernière ligne droite des négociations sur un accord commercial post-Brexit avec l'UE, la période de transition post-Brexit s'achevant le 31 décembre, insiste M. Opie.

Les magasins et entreprises en général se sont efforcés de faire des stocks avant la date fatidique, craignant qu'en cas de "no deal", les formalités administratives entraînent des embouteillages monstres et des retards de livraison.

"Le stockage de produits en prévision du Brexit c'est une chose, la ruée vers les magasins pour Noël c'en est une autre, mais le coup de massue c'est la fermeture de la frontière pour 48 heures. Ca c'est une sérieuse perturbation de la chaîne d'approvisionnement", a conclu Rod McKenzie, l'un des responsables du lobby des routiers britanniques, la Road Haulage Association, interrogé sur la chaine de télévision Sky News.

Quelque 10.000 camions transitent chaque jour par la Manche pendant les périodes de pic de la demande avant Noël.

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Commentaires
a écrit le 22/12/2020 à 10:03 :
Il n’y a pas non plus le feu aux lacs... Les russes ont eu un embargo sur le fromage et font maintenant leurs fromages. A court terme, ils vont être pénalisés. A moyen terme, cela va relancer les productions locales ou les circuits hors UE.
a écrit le 22/12/2020 à 8:10 :
Les Anglais n'ont qu'à demander à l'ami Américain de les ravitailler en boeuf aux hormones, poulet au chlore et autres légumes glyphosatés à outrance
a écrit le 21/12/2020 à 17:20 :
Mieux que le Brexit, le Covid19.
Les Anglais auront toujours à manger le poisson que nous n'irons plus pêcher dans leurs eaux... jusqu'à indigestion puisqu'ils ne peuvent plus l'exporter. Brexit+Covid, le ticket gagnant pour faire un "Grand Bond" en arrière. Pendant ce temps...La Chine... poursuit son "Grand Bond"en avant. James (Bond) sauvera t il l'Angleterre de sa Majesté ? Vous le saurez dans l'épisode 321 de la saison 489.
a écrit le 21/12/2020 à 16:59 :
Y-aurait-il entretien d'une confusion (involontaire...) entre les conséquences du Brexit et celles de la Covid ?
a écrit le 21/12/2020 à 15:11 :
Les saisons jouent, c'est sûr, pas facile de trouver des produits variés s'ils ne viennent pas du sud.
En Suède, en juin, y a des tomates locales, pâles et chères, et des belges mais je préfère le local par principe (en Corse, pareil). On y voit du muguet mi-juin, tout est en retard. On imagine que la GB est un peu analogue, sauf à avoir des serres (et des polonais pour récolter). Le grand marché sert aussi à ça, les oranges, elles ne poussent pas en GB (elles viendront de Floride une fois les accords finalisés) mais viennent d'Espagne par camion long courrier.
D'un certain point de vue, vivement le réchauffement. :-)
a écrit le 21/12/2020 à 14:56 :
Ce qui serait incompréhensible serait de continuer comme d'habitude alors que l'on nous parle massivement d'un nouveau virus qui est parti du RU sachant qu'il doit certes déjà être ailleurs en europe, mais quand même, franchement difficile de reprocher cela à notre gouvernement.

Mais avec sa mondialisation, ses gros volumes, cette mobilisation gigantesque de ressources naturelles, notre agro-industrie semble bien peu adaptée à cette crise que nous prenons en pleine figure hein, totalement dépassée. Mais bon on pourra toujours les bombarder de marchandises.

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