Brexit : une croissance divisée par deux au Royaume-Uni en cas de "no deal" (KPMG)

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(Crédits : DADO RUVIC)
Déjà secouée par le Covid-19, l'économie britannique sera amputée de près de six points de croissance en cas de "no deal" (+4,4% en 2021 contre +10,1% sans Brexit). Les scénarios optimistes estiment encore que Londres et Bruxelles arriveront à trouver un accord alors que la fin de la période de transition, le 31 décembre, approche à grands pas.

La reprise au Royaume-Uni, déjà en proie au choc de la pandémie de coronavirus, pourrait être deux fois plus lente en cas de Brexit sans accord que si le pays maintenait ses relations commerciales actuelles avec l'Union européenne, affirme une étude de KPMG mercredi.

En cas de "no deal", le produit intérieur brut (PIB) augmentera de 4,4% en 2021, estime le cabinet d'audit et consulting, contre 10,1% si le Royaume-Uni restait dans le marché unique.

Le scénario le plus probable, souligne toutefois le cabinet de conseil, est celui d'un accord a minima qui n'inclurait pas les services, accompagné d'un vaccin qui serait prêt à être déployé début 2021, et qui se traduirait par une croissance qui atteindrait environ 7,2% en 2021. A quelques semaines de la fin de la période de transition fin décembre, les négociateurs européens et britanniques tentent toujours de trouver un accord commercial post-Brexit.

Lire aussi : Brexit: face au "No deal" de Johnson, Sefcovic reste flegmatique

Pour Yael Selfin, cheffe économiste de KPMG UK, "le Brexit va mettre le Royaume-Uni en marge des économies avancées l'an prochain". Elle encourage le gouvernement britannique à augmenter les investissements dans les infrastructures et la formation pour "atténuer l'impact à long terme que (le Brexit) pourrait avoir sur la productivité et la croissance".

L'économiste de KPMG rappelle que le secteur manufacturier sera le plus durement touché par le Brexit, notamment les textiles, la chimie, les composants électriques, qui pourraient voir leur production fin 2021 de 6 à 12% inférieure à celle de fin 2019, avant la pandémie. Ils pâtiraient d'un goulot d'étranglement dans leur chaîne de production, de frictions dans la circulation des biens à la frontière, et d'investissements en chute, sans omettre les retombées de l'épidémie toujours présentes.

Le niveau "pré-covid" ne sera pas retrouvé avant fin 2022

Par ailleurs, la perte d'accès au marché européen pour le secteur financier britannique pourrait se traduire par une production de 10% inférieure comparé à la même période un an auparavant, poursuit KPMG, qui ne prévoit pas de retour de l'économie britannique à ses niveaux pré-covid avant fin 2022.

De son côté, la Banque d'Angleterre (BoE) estime que le Brexit va entraîner une baisse des exportations et une perturbation des chaînes d'approvisionnement, en réduisant au total de 1% le produit intérieur brut au premier trimestre de 2021. L'institution prévient qu'il faudra compter six mois pour que les entreprises s'adaptent même en cas d'accord.

Le précédent gouvernement conservateur avait lui évalué en novembre 2018 qu'un accord de libre-échange avec contrôles douaniers amputerait le PIB de 4,9% sur 15 ans, contre une baisse de 7,6% avec un "no deal".

Lire aussi : Accord ou pas, le Brexit va secouer l'économie britannique

L'activité économique du pays est déjà à genoux avec la pandémie et le reconfinement. Le Royaume-Uni est le pays européen le plus endeuillé par la pandémie de nouveau coronavirus, avec près de 52.000 morts. Un confinement prolongé a fait plonger son activité de 19,8%, un record historique, au deuxième trimestre, après une chute du PIB de 2,5% au premier trimestre. Au troisième trimestre, la croissance est repartie à un rythme record de 15,5% mais a commencé à flancher dès septembre et la fin de l'année s'annonce mauvaise à cause du reconfinement en vigueur dans certaines régions du pays face à la deuxième vague de virus.

Sur l'ensemble de l'année, KPMG s'attend à ce que le PIB ait plongé de 11,2%.

Lire aussi : Pandémie puis Brexit sans accord ? Le Royaume-Uni risque un double choc

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Commentaires
a écrit le 20/11/2020 à 0:52 :
Si vous perdez l'accès préférentiel à un marché de 250 millions de consommateurs, cela ne peut pas arranger vos affaires. N'importe qui sans connaissance particulière de la finance comprend cela. En plus des barrières douanières tarifaires, va venir se greffer des barrières douanières non tarifaires, c.à.d le coût pour l'industrie britannique de la conformité aux normes Européenne.
a écrit le 19/11/2020 à 22:22 :
Boris Johnson intervient massivement dans les entreprises, crée d'un système de chômage partiel et un prêt garanti par l'Etat pour les PME, organise la nationalisation des trains, investit dans le NHS (hôpital public). Le Royaume-Uni tourne la page du néolibéralisme. Paris ne s' est pas fait en un jour, et les stats commises ici sont à l' image du chômage français, grossièrement trafiquées car cette pilule brexit, toute l' UE l' a en travers ..
a écrit le 19/11/2020 à 19:29 :
Une croissance divisée par deux au RU en cas de no deal ... une croissance divisée par quatre ou cinq en France à cause du covid ...
a écrit le 19/11/2020 à 17:06 :
Comme on dit toujours: "Vaut mieux un tient que deux tu l'auras" et visiblement toute les prospectives sont là... pour détourner les investissements futurs!
a écrit le 19/11/2020 à 13:44 :
Le royaume uni va surperformer la France comme il l'a toujours fait !
Il est à l'origine avec les USA des technologies modernes, pas la france qui a tout copier !
Réponse de le 20/11/2020 à 0:42 :
Voila qui ressemble à un argument de cour de récréation. La la la lère.
a écrit le 19/11/2020 à 12:19 :
au troisième trimestre, sur 1 an, la perte de PIB est de 9,6% au UK, contre - 4% en France et en Allemagne (ONS ; Eurostat).
cela va être compliqué pour nos voisins d'outre-Manche. ils ont peu investi et ont largement misé sur le travail peu qualifié. pas mal de gens qualifiés quittent le pays pour l'Europe continentale d'après une étude allemande d'il y a quelques mois.
Réponse de le 21/11/2020 à 17:57 :
"...pas mal de gens qualifiés quittent le pays pour l'Europe continentale..."
.
ll est vrai que les jeunes espagnols, portuguais, grecs, sont bien installés chez eux et profitent un max de la "prospérité" européenne.
a écrit le 19/11/2020 à 11:35 :
Tout ce qui peut permettre une diminution des PIB pour ralentir le changement climatique est bon à prendre. On va donc souhaiter in No Deal.
a écrit le 19/11/2020 à 11:04 :
Je trouve les commentaires surréalistes. On ne va tout de même pas s'apitoyer dur le sort du royaume Uni. Cet ex Etat européen a décidé de quitter l EU, qu'il en assume toutes les conséquences. Je trouverai coupable et surtout contre productif de donner par la porte arrière ce que le royaume Uni perd en quittant le giron européen. Il faut un brexit dur et un futur traité ne doit en aucun cas rendre la vie britannique plus douce. Les européens ne le pardonneraient jamais.
Réponse de le 21/11/2020 à 18:00 :
On reconnaît bien là la parole quasi religieuse d'un européiste béat, assidu à BFM et Le Monde.
a écrit le 19/11/2020 à 11:00 :
Comme on dit toujours: "Vaut mieux un tient que deux tu l'aura" et visiblement toute les, soit disant, prospectives sont là pour détourner les investissements futur!
a écrit le 19/11/2020 à 10:51 :
Et les sept feux de l'enfer qui anéantiront le pays et ses habitants ! Tremblez hérétiques !

:D

Vous nous avez fait déjà le coup il y a plus de 4 ans les gars hein, un véritable "running gag"... ^^

Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans, ne jamais oublier que la première chasse aux sorcières, la vraie, celle qui massacra des milliers d'innocentes, fut générée en... Allemagne.

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