Véhicules électriques chinois : l'Espagne « mise sur un dialogue honnête »
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Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.
SUSANA VERA
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Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.
SUSANA VERA
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a tenté de calmer le jeu. « Nous voulons (...) une Union européenne et une Chine ouvertes au monde, au-delà des réalités géopolitiques et géoéconomiques », a-t-il insisté, en inaugurant un Forum économique Chine-Espagne, au deuxième jour de sa visite chez le géant asiatique. « C'est pourquoi nous misons sur le dialogue honnête pour gérer les tensions existantes, qui résultent en grande partie de l'annonce de l'imposition de droits de douane sur les véhicules électriques chinois », a-t-il ajouté, faisant référence au contentieux opposant l'Empire du milieu et le Vieux continent depuis l'été dernier.
La visite de Pedro Sanchez intervient en effet dans un contexte de recrudescence des tensions commerciales entre l'UE et la Chine, la Commission européenne ayant lancé ces derniers mois une série de procédures visant le géant asiatique.
Le dossier le plus épineux est celui des véhicules électriques chinois vendus dans les pays de l'UE. Bruxelles a annoncé le 20 août sa décision de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine, y compris celles du constructeur américain Tesla, qui possède une usine à Shanghai. Le lendemain, l'Empire du milieu annonçait l'ouverture d'une enquête sur des pratiques commerciales de l'Union européenne jugées déloyales concernant certains produits laitiers importés. Elle a lancé une procédure similaire sur les importations de porc et de produits à base de porc en provenance de l'Union européenne.
Or, l'Espagne est le plus grand exportateur européen de produits à base de porc vers la Chine, avec plus de 560.000 tonnes exportées l'an dernier, pour une valeur totale de 1,2 milliard d'euros, selon l'organisation interprofessionnelle Interporc. Lundi à Pékin, Pedro Sanchez avait déjà appelé à « défendre ensemble un ordre commercial équitable, dans le plein respect du cadre multilatéral et en gardant nos marchés ouverts, ce qui permettra à nos économies de croître et profitera à nos industries et à nos citoyens ».
Le président chinois Xi Jinping, qui l'a reçu lundi, a quant à lui dit « espér(er) que l'Espagne continuera à fournir un environnement commercial juste, équitable, sûr et non-discriminatoire aux entreprises chinoises qui investissent et opèrent en Espagne ».
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Le Canada, aussi, est dans le viseur de la Chine après l'annonce fin août d'Ottawa en vue d'imposer des surtaxes de 100% sur les importations chinoises de véhicules électriques, d'acier et d'aluminium. Les surtaxes canadiennes visent les automobiles produites en Chine, les camions, les autobus, ainsi que les camionnettes de livraisons électriques et certains modèles hybrides. Elles doivent entrer en vigueur le 1er octobre, en plus des droits de douane existants de 6,1%.
Les seuls véhicules électriques fabriqués en Chine et importés au Canada sont pour l'heure ceux de la marque américaine Tesla. « La Chine ne respecte pas les mêmes règles que les autres pays », a affirmé le Premier ministre canadien Justin Trudeau pour justifier ces surtaxes de 100% annoncées fin août. Les Etats-Unis ont aussi annoncé une surtaxe, s'élevant comme au Canada, à 100%.
« Le Canada bafoue les règles de l'OMC et viole ses engagements auprès de l'organisation », a dénoncé un porte-parole du ministère dans un communiqué en ligne. Il a critiqué les surtaxes canadiennes, « une mesure unilatérale et protectionniste classique, qui nuit gravement au système d'échanges multilatéral et perturbe les chaînes d'approvisionnement industriel mondiales pour les véhicules électriques, ainsi que sur les produits en acier et aluminium ».
Mardi, la Chine a déjà répliqué en annonçant une enquête antidumping sur le colza canadien.
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Les exportations chinoises ont accéléré leur hausse en août mais les importations ont elles fortement ralenti, selon les chiffres officiels publiés mardi qui montrent une fois de plus la fragilité de la reprise dans la deuxième économie mondiale. Le mois dernier, les ventes de produits et services chinois destinés à l'étranger ont augmenté de 8,7% sur un an, contre +7% un mois plus tôt, selon les chiffres en dollars publiés par les Douanes chinoises. Ce chiffre est supérieur aux attentes d'analystes sondés par l'agence Bloomberg (+6,6%).
Les exportations sont historiquement un important levier de croissance pour le géant asiatique et leur performance a un impact direct sur l'emploi pour des milliers d'entreprises du secteur. Mais le contexte économique est incertain, ce qui mine la consommation des ménages et alimente les risques pour la Chine de retomber en déflation, où elle se trouvait fin 2023. Sur le front des importations, la hausse en août est ainsi minime, à +0,5% sur un an, un chiffre nettement inférieur à celui de juillet (+7,2%) et aux attentes des analystes interrogés par Bloomberg (+2,5%).
L'économie chinoise continue de montrer des tendances divergentes, avec une demande intérieure faible et une forte compétitivité des exportations, ces deux tendances reflétant la pression déflationniste dans le pays » a commenté dans une note l'analyste Zhang Zhiwei, du cabinet Pinpoint Asset Management.
(Avec AFP)
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