Voitures électriques : le chinois BYD voit son bénéfice s'envoler
latribune.fr

Une voiture de byd lors de son lancement
WILLY KURNIAWAN
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Une voiture de byd lors de son lancement
WILLY KURNIAWAN
Le constructeur automobile chinois BYD, l'un des premiers fabricants mondiaux sur le créneau de l'électrique, a annoncé ce mercredi une hausse de 24,4% sur un an de son bénéfice net semestriel, galvanisé par la forte demande en véhicules propres en Chine. Sur la période janvier-juin, son résultat net a donc été de 13,63 milliards de yuans (1,71 milliard d'euros) contre 10,9 milliards de yuans un an plus tôt, a indiqué le groupe dans un communiqué à la Bourse de Hong Kong, où il est coté. Son chiffre d'affaires semestriel progresse lui de 15,7% sur un an, à 301,1 milliards de yuans (37,9 milliards d'euros).
A noter : le groupe a dégagé l'an dernier un bénéfice net de 30,04 milliards de yuans (3,83 milliards d'euros), contre 16,6 milliards de yuans un an plus tôt, soit une hausse de 80,7% sur un an. Et ce, malgré « une reprise de la consommation relativement lente début 2023 en raison des fluctuations des prix du marché » avait commenté en mars dernier le patron du constructeur, Wang Chuanfu.
BYD (« Build Your Dreams », construisez vos rêves) est l'une des marques de véhicules électriques les plus en vue en Chine. Près de 8 voitures sur 10 vendues dans le pays sont de cette marque. Une écrasante domination sur ses concurrents chinois comme SAIC, propriétaire de la marque MG, Dongfeng Motors ou encore FAW. Et la croissance de l'entreprise ne devrait pas s'arrêter.
En juillet, les modèles hybrides et 100% électriques ont représenté pour la première fois plus de la moitié des ventes d'automobiles en Chine, selon la Fédération chinoise des constructeurs de voitures individuelles (CPCA). Et le pays vise en 2035 des ventes automobiles majoritairement composées de véhicules électriques et hybrides.
Pour accélérer leur croissance, les constructeurs chinois se sont lancés depuis l'an dernier dans une guerre des prix, au détriment de leur rentabilité. Ces dernières années, les entreprises mettent le turbo à l'étranger, avec nombre de pays occidentaux qui s'inquiètent désormais de voir leurs marchés inondés de véhicules à prix cassés.
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BYD a même dépassé Tesla au quatrième trimestre 2023 pour devenir le premier vendeur mondial de véhicules électriques, soit 526.409 voitures écoulées entre octobre et décembre, contre 484.507 véhicules pour l'entreprise d'Elon Musk. Tesla demeure néanmoins le plus gros vendeur et le groupe américain a récemment souligné avoir repris le titre de champion des ventes au premier trimestre cette année. Néanmoins, le constructeur chinois estime pouvoir doubler Tesla en Europe d'ici 2030.
L'Union européenne estime que les prix des constructeurs chinois sont artificiellement bas du fait de subventions de l'Etat chinois, ce qui fausse la concurrence et nuit à la compétitivité des constructeurs européens. Bruxelles a ainsi relevé en juillet ses surtaxes à l'encontre des véhicules électriques importés de Chine. A compter du mois d'octobre, elles pourront atteindre jusqu'à 36%.
BYD accélère malgré tout son internationalisation, notamment en Europe puisque le groupe prévoit d'ouvrir une usine en Hongrie et une en Turquie. La nouvelle usine hongroise de Szeged fabriquera des voitures électriques « en Europe et pour l'Europe », a souligné le dirigeant. Les deux usines devraient permettre au groupe d'accéder au marché européen en contournant les surtaxes de Bruxelles.
Si BYD est en train d'envoyer des milliers de voitures sur ses propres cargos, « l'export de voitures depuis la Chine vers l'Europe n'est pas faisable sur le long terme », a commenté le dirigeant, toujours en mai. Szeged devrait aussi fabriquer des modèles hybrides rechargeables (avec un moteur thermique et une grosse batterie électrique) car l'Europe, selon Michael Shu, a pris du retard dans l'installation de bornes de recharge.
Le constructeur estime donc qu'il commence tout juste son offensive en Europe, avec des véhicules de gamme moyenne et à prix compétitifs. BYD pourrait cependant se positionner assez vite dans l'entrée de gamme électrique avec sa petite Seagull (mouette, en anglais), proposée autour de 20.000 euros, et concurrencer la Citroën C3 et les futures petites Renault ou Volkswagen électriques.
De plus, de nombreux constructeurs étrangers (Tesla, BMW, Mercedes, Audi, Toyota, Ford...) dépendent de la firme pour leurs batteries. Car avant de se diversifier dans l'automobile à partir de 2003, BYD était spécialisé à l'origine dans la conception et la fabrication de batteries.
Mais tout n'est pas gagné pour le géant chinois. Lundi, le Canada a annoncé une surtaxe de 100% sur les importations de véhicules électriques chinois à compter du mois d'octobre.
Déterminés à freiner la progression chinoise dans le secteur, les Etats-Unis avaient eux annoncé en mai le quadruplement des droits de douane (de 25% à 100%) sur les véhicules électriques chinois importés, la concurrence économique avec la Chine étant au cœur de la campagne présidentielle américaine.
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« Nous devrions avoir un état d'esprit grand ouvert, travailler en étroite collaboration, abandonner cette idée de former des camps idéologiques et nous opposer au découplage », avait là encore répondu le Premier ministre chinois Li Qiang en juin. Le Premier ministre a également appelé à « maintenir la stabilité et le bon fonctionnement des chaînes industrielles et d'approvisionnement », ou encore à « déployer d'importants efforts en faveur de la croissance économique mondiale ».
(Avec AFP)
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