Venezuela : le gouvernement "décrète" l'occupation d'une usine américaine

Confrontée à un "manque de devises" pour acheter les matières premières, l'entreprise Kimberly-Clark, qui fabrique notamment du papier toilette, avait annoncé samedi la cessation de ses activités à Maracay. Le président du pays Nicolas Maduro a par ailleurs annoncé que la banque américaine Citibank allait fermer le compte de la banque centrale vénézuélienne.

3 mn

Des employés de Kimberly-Clark se regroupent devant l'usine, dimanche 10 juillet, au lendemain de l'annonce de cessation d'activité.
Des employés de Kimberly-Clark se regroupent devant l'usine, dimanche 10 juillet, au lendemain de l'annonce de cessation d'activité. (Crédits : . REUTERS/Carlos Jasso)

"Usine fermée, usine prise par les travailleurs." La mise en garde prononcée voilà deux mois par le président Nicolas Maduro a pris corps, lundi. Le gouvernement vénézuélien a ainsi ordonné l'occupation de l'usine de l'entreprise américaine Kimberly-Clark, qui avait arrêté sa production d'articles d'hygiène -papier toilette et couches notamment- en raison de la détérioration des conditions économiques locales.

Cette mesure d'occupation a été annoncée publiquement par le ministre du Travail Oswaldo Vera à l'usine Kimberly-Clark de Maracay, ville située à une centaine de kilomètres à l'ouest de la capitale Caracas. Le ministre a assuré que le gouvernement répondait à une demande présentée par les employés de l'usine.

"Nous décrétons l'occupation immédiate de l'entreprise Kimberly-Clark Venezuela par les travailleurs", a déclaré Oswaldo Vera, qui a signé un document à cet effet sous les vivats du personnel. Le ministre a ordonné le redémarrage des machines. "A partir d'aujourd'hui, Kimberly-Clark rouvre ses portes et reprend sa production", a-t-il annoncé.

Manque de devises et inflation

Kimberly-Clark a annoncé samedi qu'elle cessait ses activités au Venezuela en raison d'un "manque de devises" pour acheter les matières premières. Elle a aussi souligné "l'augmentation rapide de l'inflation", qui a été de 180,9% en 2015 et que le Fonds monétaire international (FMI) évalue pour 2016 à 720%. Cette décision intervient dans un contexte de grave crise économique depuis la chute des cours du pétrole. Près de 80% des produits de première nécessité sont désormais quasi-introuvables, selon des organismes privés.

Installée au Venezuela depuis plus de 20 ans, l'entreprise a déclaré que les conditions actuelles rendaient "impossible" le fonctionnement de son usine de Maracay mais que "si les conditions changeaient", elle étudierait "la viabilité" d'une reprise de ses activités au Venezuela.

     | Lire aussiLe Venezuela, un pays de plus en plus pauvre avec un sous-sol si riche

Lundi, l'entreprise a réagi dans un communiqué à l'occupation de son usine. "Si le gouvernement vénézuélien prend le contrôle de Kimberly-Clark et de son activité, il sera responsable" du personnel et des installations, a-t-elle déclaré.

Plusieurs autres firmes internationales installées au Venezuela ont elles aussi suspendu leurs activités ces derniers temps, brièvement ou pour une durée indéfinie. Coca Cola a stoppé en mai une grande partie de sa production locale par manque de sucre. Les groupes américains Kraft Heinz et Clorox ont également arrêté leurs activités.

Citibank va fermer le compte du Venezuela

Nicolas Maduro a par ailleurs affirmé lundi que la banque américaine Citibank avait fait savoir qu'elle allait fermer le compte que la banque centrale du Venezuela utilise pour ses paiements internationaux.

Dans une intervention radio-télévisée, le président vénézuélien a déclaré que le Venezuela était la cible d'un "blocus financier". Il a affirmé que Citibank avait indiqué qu'elle procéderait dans un mois à la fermeture de ce compte de la Banque centrale du Venezuela (BCV). Avant d'ajouter que la mesure concernait aussi une autre banque de l'Etat vénézuélien, Banco de Venezuela (BDV).

Citibank "dit que d'ici trente jours elle va fermer le compte de la Banque centrale et de Banco de Venezuela. Cela s'appelle un blocus financier", a déclaré le président.

Nicolas Maduro avait déjà déclaré dans le passé que le Venezuela, qui vit une grave crise économique, était la cible d'un "boycott financier" visant à lui interdire l'accès aux financements internationaux.

(Avec AFP)

3 mn

Replay I Nantes zéro carbone

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 8
à écrit le 12/07/2016 à 17:36
Signaler
avant de taper sur maduro et la politique de chavez, merci de faire un effort pour vous remettre au niveau sur la monnaie, sa création et qui détient ce pouvoir. Un soupçon d'histoire de la géopolitique américaine et en peu de temps vous comprendrez ...

le 12/07/2016 à 23:35
Signaler
Merci de nous faire votre demonstration ... Je suis curieux de la lire pauvre lecteur que je suis ...

à écrit le 12/07/2016 à 16:27
Signaler
le pays est au tas alors qu'il a les plus grosses reserves de petrole du monde! les ultra neokeynesiens doivent se feliciter de l'hyperinflation qui ruine tt le monde, des usines qui ne produisent rien et n'exploitent donc personne, et de l'absence ...

à écrit le 12/07/2016 à 13:44
Signaler
C'est ce que Mélenchon, grand supporter de Chalvez s'il en est, prédit pour la France. Beau programme !

le 12/07/2016 à 14:33
Signaler
Et Mélenchon considère cette Dictature comme une Démocratie Modèle ! Qu'ils coopèrent en banque et en industrie avec leurs alliés : les Dictatures Chinoises, Nord Coréennes, Russes.

le 12/07/2016 à 18:44
Signaler
C'est fou cette obsession maladive qu'ont certains de tout ramener à Mélenchon, comme si ce type était responsable de la chute du cours du pétrole qui met ce pays dans la mouise (pétrole sur lequel le Venezuela n'a que trop compter plutôt que de cher...

à écrit le 12/07/2016 à 13:26
Signaler
Message sur le sujet mit sur le forum Air Defense : Je ne veux pas faire parano, mais je crois que les deux plus gros actionnaires de City Bank sont Abu Dhabi Investment Authority et le saoudien Al-Waleed bin Talal (prince et homme d'affaires). Ma...

à écrit le 12/07/2016 à 12:44
Signaler
Si on refait l'Histoire dérrière tous ces coups tordus, on retrouve les Néo-cons Américains (finances comprise)

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.