Vladimir Poutine instrumentalise le 9 mai
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© LTD/ Maksim Blinov/Sputnik/ABACAPRESS
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Il fut un temps où les spécialistes et les médias scrutaient les photos des tribunes lors de fêtes nationales pour distinguer la place des dignitaires du régime soviétique et tenter de comprendre ce qui se tramait à l'intérieur du Kremlin. Depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, c'est le défilé militaire du 9 mai qui est observé. Ce jour-là, les Russes célèbrent la capitulation nazie. Un jour après le reste de l'Europe, puisque la reddition de l'Allemagne a été signée à Berlin le 8 mai 1945 à 23 heures, soit 1 heure du matin à Moscou le lendemain.
Combien de villes russes vont organiser une cérémonie jeudi prochain ? Combien de chars, de camions, de soldats vont défiler sur la place Rouge de Moscou ? Quels seront les mots choisis par Vladimir Poutine, qui sera d'ailleurs investi président mardi, lors de son discours ? « Le 9 mai est devenu la principale fête en Russie, explique l'historien Nicolas Werth, directeur de recherches émérite au CNRS. Vladimir Poutine rejoue la Grande Guerre patriotique pour continuer le combat contre les nazis. Et pour lui, les nazis sont les Ukrainiens. »
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Le chef du Kremlin instrumentalise l'Histoire, évacuant le rôle des Alliés dans la défaite de Hitler. Il surfe sur les sentiments patriotiques et les émotions de la population. Plus de 26 millions de Soviétiques, dont 16 millions de civils, sont morts durant la Seconde Guerre mondiale. Une mémoire du sacrifice transmise dans les familles, qui toutes ont été touchées d'une manière ou d'une autre.
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