Avec plus de 180 millions d'entrées enregistrées en 2024, la France occupe la première place du podium européen du cinéma, devançant le Royaume-Uni et l'Allemagne et même l'Italie, le pays qui a vu naître Cinecittà. Une donnée qui semble souligner la bonne dynamique de l'Hexagone en matière de consommation du 7e art, alors même que le Festival de Cannes a investi La Croisette depuis quelques jours pour une quinzaine qui va braquer sur elle les projecteurs et l'attention du monde entier.
Cependant, le cinéma et l'animation sont, tout le reste de l'année, un véritable sujet de territoires. Car si pendant longtemps Paris a concentré les tournages, les compétences et les financements, d'autres villes ont elles aussi fait le choix d'attirer les tournages, puis les investissements pour créer des infrastructures spécifiques, de long terme, durables sous un certain aspect, faisant de l'industrie culturelle et créative un levier d'aménagement du territoire.
À Cannes, capitale du 7e art par excellence, c'est dès 2014 que le maire, David Lisnard, opte pour une politique de filière qu'il baptise Cannes On Air. La ville est alors surtout connue pour son festival. Elle installe d'abord une pépinière d'entreprises, crée un campus universitaire, attire des leaders du secteur comme le groupe Novelty-Magnum-Dunshow qui figure parmi les acteurs européens du son, de l'image et de la lumière, allant même jusqu'à requalifier une friche industrielle de 5,7 hectares pour accueillir le complexe global avec studios, équipements audiovisuels et espaces logistiques. Dix ans après avoir entamé sa stratégie, Cannes a construit un écosystème assez complet avec studios de production et postproduction, 16 start-up, près de 40 sociétés industrielles et créatives et 600 professionnels implantés localement.
Laurence Bottero, Cécile Chaigneau, Florine Galéron, Emma Rodot, Gaëtane Deljurie et Pascale Paoli-Lebailly