« Les salariés ne reviendront plus à plein temps au bureau » (Jonas Prising, PDG de Manpower)
Marie-Pierre Gröndahl
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Jonas Prising, PDG de Manpower, mercredi à la Défense.
Cyrille George Jerusalmi
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Jonas Prising, PDG de Manpower, mercredi à la Défense.
Cyrille George Jerusalmi
Jonas Prising, 58 ans, Suédois installé aux États-Unis, a effectué la quasi-totalité de sa carrière chez le géant international de l'intérim.
Le ralentissement économique mondial se traduit-il par une montée du chômage ?
Chez Manpower, nous avons une vision globale des évolutions de l'emploi, partout où nous sommes implantés. Notre activité consiste en effet à aider des organisations - de toutes tailles et dans tous les secteurs - à recruter les talents dont elles ont besoin, pour des périodes déterminées, de quelques mois jusqu'à une dizaine d'années. Nous avons donc une vision en temps réel des besoins des entreprises en matière d'embauche. Et nous sommes aussi de ce fait les premiers à percevoir les accélérations ou les fléchissements. Depuis quelque temps déjà, la plupart des indicateurs sont négatifs.
Même aux États-Unis, où la croissance frôle les 5 % annuels ?
C'est contre-intuitif, mais malheureusement réel. Dès avant la publication des chiffres du marché de l'emploi américain le 3 novembre, nous avions constaté outre-Atlantique une diminution des besoins en personnel dans l'hôtellerie-restauration, au sein de l'administration ou encore dans la santé. Moins de missions d'intérim, moins d'heures supplémentaires : ce sont toujours des signes avant-coureurs de l'augmentation du chômage, dont la hausse atteint 3,9 % en septembre. Soit la plus forte depuis janvier 2022, alors que la crise sanitaire n'était pas terminée.
Pourquoi le chômage remonte-t-il ?
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Les causes sont évidemment multiples. Tout d'abord, contrairement à une idée très répandue, certains effets de la pandémie se font toujours sentir. Elle a engendré une kyrielle d'anomalies dans tous les domaines, dont certaines persistent trois ans plus tard. S'y ajoutent l'inflation - qui en a découlé -, la guerre en Ukraine et le contexte géopolitique global, mais aussi la brutale remontée des taux d'intérêt. Ils se situent à 10 % aux États-Unis aujourd'hui, au lieu de 2 % il y a dix ans. La consommation en subit naturellement le contrecoup, et les entreprises également.
Marie-Pierre Gröndahl