Chrysoula Zacharopoulou participera aujourd'hui à Dubaï à la première session ministérielle consacrée aux enjeux de santé publique jamais organisée depuis les premières COP sur le climat.
LA TRIBUNE DIMANCHE- Une personne meurt dans le monde toutes les cinq secondes victime du réchauffement planétaire. Pourquoi ne pas y avoir accordé davantage d'importance plus tôt ?
CHRYSOULA ZACHAROPOULOU- Il faut saluer l'initiative de la présidence émiratie de la COP28 d'organiser, pour la toute première fois, une journée sur les liens entre le dérèglement climatique et la santé publique. Nous avons plaidé pour que la santé mondiale soit au premier plan de ce sommet. Parce que le climat, c'est la santé. Huit ans après la COP21, tout le monde voit bien que le réchauffement est là et qu'il affecte la santé de chacun. Par exemple, les canicules entraînent une surmortalité. Depuis l'an 2000, elle a pratiquement doublé pour les personnes de plus de 65 ans et risque de quadrupler d'ici à 2060. Le réchauffement planétaire, à l'origine des sécheresses graves, met aujourd'hui en danger de malnutrition 127 millions de personnes. Ce risque d'insécurité alimentaire peut exploser en montant à un demi-milliard d'humains d'ici à 2060, principalement dans les pays du Sud ! Il est donc grand temps de parler du double défi climat-santé pour coordonner nos actions. En ayant à l'esprit que les plus vulnérables, les personnes âgées et les enfants, sont les premières victimes. Avec des saisons chaudes qui commencent plus tôt, les allergies au pollen empirent ; avec des températures plus élevées, la toxicité de la pollution ou les allergies aux acariens sont plus sévères.