Emmanuel Macron et l’enfer de Matignon
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Emmanuel Macron et Bernard Cazeneuve visitent le sous-marin nucléaire « Suffren », à Cherbourg, le 12 juillet 2019.
© LTD / LUDOVIC MARIN/AFP
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Emmanuel Macron et Bernard Cazeneuve visitent le sous-marin nucléaire « Suffren », à Cherbourg, le 12 juillet 2019.
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Installé à la Lanterne Emmanuel Macron passe ce week-end au téléphone. Le président de la République est toujours à la recherche de son nouveau Premier ministre. Et la quête se révèle particulièrement ardue. Ces derniers jours, un nom a semblé tenir la corde : celui de Bernard Cazeneuve. Mais aujourd'hui cette option semble bloquée.
Cet été, l'ancien Premier ministre de François Hollande l'a fait savoir : il est prêt à devenir celui d'Emmanuel Macron. Pour cela, il pose néanmoins ses conditions. Il est ainsi bien décidé à conduire une autre politique que celle menée par le président depuis 2017. Elle sera de gauche. Dans une Assemblée où la menace de la censure sera permanente, Bernard Cazeneuve estime que, dans un premier temps, cela lui garantira la neutralité du PS, avant, dans un second temps, de lui permettre d'attirer des soutiens issus de ses rangs. Dans l'été, à certains de ses interlocuteurs, il fait aussi part de sa volonté de suspendre l'application de la réforme des retraites, votée il y a un an, jusqu'à la prochaine présidentielle.
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Même s'il se dit prêt à des concessions et à une certaine forme de cohabitation, Emmanuel Macron peut-il accepter de telles prétentions ? Depuis le lendemain des législatives, le locataire de l'Élysée a répété son analyse : puisque personne ne peut revendiquer la victoire, le futur gouvernement devra être selon lui l'émanation d'une coalition rassemblant le bloc central, Liot, ce regroupement de centristes et d'ultramarins, les députés de droite réunis désormais autour de Laurent Wauquiez et ceux du PS, afin de s'appuyer sur la majorité la plus stable. Or si le nouveau Premier ministre revendique une politique de gauche, ce schéma ne fonctionne plus. Comment les 166 députés du bloc central, sur lesquels reposera la coalition puisqu'ils sont les plus nombreux, réagiront-ils ? D'ores et déjà, Gabriel Attal, qui a pourtant plaidé pour la nomination d'un Premier ministre issu du centre gauche lors d'un entretien avec le chef de l'État mercredi à l'Élysée, s'interroge sur l'attitude de ses troupes. Dans une telle situation, le groupe Ensemble pour la République, qu'il préside, pourrait-il même demeurer inscrit dans la majorité ?
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