Matignon : Macron poursuit les concertations tandis que le PS se divise
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Emmanuel Macron n'a toujours pas nommé de Premier ministre, 43 jours après la démission du gouvernement Attal.
Manon Cruz
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Emmanuel Macron n'a toujours pas nommé de Premier ministre, 43 jours après la démission du gouvernement Attal.
Manon Cruz
[Article publié le mercredi 28 août 2024 à 14h28 et mis à jour à 16h05] Les concertations continuent ce mercredi, avec toujours le même horizon en vue : la nomination d'un nouveau Premier ministre. Si le programme des visites du jour n'a pas été communiqué dans son ensemble, il est certain que la France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon n'a pas été conviée.
Bien que toujours bienvenus, le PS, EELV et les autres forces politiques du Nouveau Front populaire refusent toujours de revenir à la table des négociations, après le refus de l'Elysée de nommer Lucie Castets, leur candidate.
Reçu une nouvelle fois ce mercredi matin, le député et leader du parti La droite républicaine, Laurent Wauquiez, a déploré un entretien « décevant » avec Emmanuel Macron, demandant au chef de l'Etat de nommer « enfin un Premier ministre » sans « procrastiner ». Et d'ajouter devant la presse quant aux éléments évoqués lors de cette entrevue :
Pour mémoire, l'ex-patron de la région Auvergne-Rhône-Alpes a jusqu'à présent exclu toute participation à une coalition. Il a toutefois laissé entendre que, sous certaines conditions, son groupe pourrait ne pas voter contre le budget. Une source de l'Elysée souligne aussi que la patronne des députés frontistes, Marine Le Pen, ne censurerait « pas systématiquement » un gouvernement « autre que purement NFP ».
Le groupe des députés communistes a demandé mercredi dans un communiqué la convocation d'une session extraordinaire du Parlement.« Le Parlement doit pouvoir délibérer au plus vite des propositions de lois issues du programme du NFP (Nouveau Front populaire) réclamées par les électrices et les électeurs. Une session extraordinaire s'impose donc et nous demandons au Président de la République de la convoquer rapidement », argumente le groupe GDR (17 députés).
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Le Rassemblement national avait déjà émis une telle demande lundi. Avec l'idée de pouvoir « opérer une censure si nécessaire », avait expliqué la cheffe de file du RN, Marine Le Pen, en sortant de l'Elysée. La session ordinaire s'ouvrira de droit le 1er octobre. Le Premier ministre ou la majorité des députés peuvent demander l'ouverture d'une session extraordinaire, sur un ordre du jour déterminé. Elle est ouverte et close par décret du président de la République.
Interrogé hier par des journalistes sur l'avancée de sa quête d'un Premier ministre, alors qu'il attendait le chef du gouvernement irlandais sur le perron de l'Elysée, le président a fait un point sur les avancées des concertations :
« L'idée c'est de trouver un Premier ministre qui incarne un changement de politique et un dépassement de la logique des blocs », a indiqué dans la foulée, à l'AFP, un proche du président, soulignant une « volonté d'aller assez vite ». Emmanuel Macron « a compris qu'il y a urgence à nommer quelqu'un, quelqu'un de politique, et qui ait une chance d'élargir le soutien parlementaire », a abondé, auprès de l'AFP, le chef de file des élus Liot, Stéphane Lenormand, après son rendez-vous hier à l'Elysée.
Contrairement aux rendez-vous organisés vendredi dernier et lundi de cette semaine, ces nouvelles rencontres se tiennent à l'écart des caméras. Selon son entourage, mardi, le chef de l'Etat a ainsi eu des contacts notamment avec ses alliés François Bayrou (Modem) et Edouard Philippe (Horizons), et a reçu des représentants du groupe centriste Liot (Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires), qui compte 22 députés.
Si depuis la fin de l'option Lucie Castets, LFI, le PCF et EELV campent sur leur position, le PS, lui, est confronté en interne à un début de turbulences. D'un côté, la ligne du Premier secrétaire Olivier Faure, qui, comme ses alliés de la NFP, refuse toute nouvelle discussion avec le chef de l'Etat. Il assure que son parti censurera quelconque gouvernement non issu des rangs du NFP. De l'autre, une ligne différente portée par d'autres élus et cadres du PS, qui jugent cette position trop radicale.
Ce qui faire dire ce mercredi à la maire PS de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, que « le parti est au bord de la rupture », dans un long message sur X, où elle demande à « reprendre des discussions avec le président de la République » afin de « chercher encore des solutions pour un Premier Ministre socialiste ou social-démocrate ».
Un pragmatisme également défendu par l'autre chef de courant minoritaire au sein du PS, le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol. Celui-ci a estimé aujourd'hui sur franceinfo que « si on a la possibilité de mettre en place, peut-être pas l'entièreté du programme mais des politiques importantes » sur les salaires, l'école et l'hôpital, « alors il faut donner une chance à cela ».
Moins frontal, François Hollande considère dans un entretien au Point que les socialistes doivent « soutenir tout ce qui peut faire avancer le pays », tout en excluant une « alliance avec le centre (...) inévitablement vouée à une impasse ».
Cette situation augure en tout cas des débats francs et vifs à l'université d'été du PS, qui s'ouvre jeudi à Blois. L'événement est scruté de près à l'Elysée, où un proche du président observe qu'« il y a des choses qui bougent » et « note aussi que le PS n'appelle pas à manifester le 7 septembre », contrairement à La France insoumise ou le parti Communiste.
Quoi qu'il en soit, à date, les députés socialistes se sont toutefois accordés mardi sur « une position extrêmement claire », à savoir que « tout gouvernement qui sera la perpétuation du macronisme sera évidemment censuré », a indiqué le parlementaire Arthur Delaporte sur Sud Radio.
Quant aux cadres des autres formations politiques du NFP, ils jugent sévèrement les élus PS partisans d'une autre ligne qu'Olivier Faure. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a notamment pointé au micro de CNews et Europe 1 cette « branche au sein du PS qui préférerait participer à des opérations de soutien ou de maintien de la macronie au pouvoir ». Ce qui, pour lui, « serait une trahison du vote des électeurs ». Même mise en garde de Marine Tondelier, sur LCI, qui estime que ceux qui pactiseraient avec le camp présidentiel « se trahiraient durablement » et que « l'histoire les jugera ».
Pendant ce temps, Emmanuel Macron pousse toujours plus loin le record de durée pour le gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal, qui expédie les affaires courantes depuis 43 jours.
Le choix de son successeur est reporté à mesure que s'allonge le calendrier des consultations du chef de l'Etat. Des perches ont été tendues au sein de l'exécutif, notamment par les ex-LR Rachida Dati, qui a appelé ce mercredi sur France Inter « sa famille politique à participer à une coalition », et Aurore Bergé qui a suggéré sur TF1 un « soutien sans participation ».
Le profil de l'ancien PS Bernard Cazeneuve revient aussi régulièrement pour Matignon. « Si c'est un Premier ministre de centre-gauche qui permet d'aller décrocher le plus de sociaux-démocrates, c'est la meilleure option », acquiesce le député Renaissance Mathieu Lefevre. Bernard Cazeneuve répond au « portrait-robot » d'un futur Premier ministre, a aussi appuyé François Bayrou, proche allié du président au micro de BFMTV et RMC.
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Accaparé ensuite par l'ouverture des Jeux paralympiques, qui se tient ce soir, Emmanuel Macron a programmé d'autres rendez-vous jeudi matin avec les grands élus locaux : d'abord Carole Delga (PS) et Renaud Muselier (Renaissance) pour les régions, puis le président de l'Association des maires de France, le LR David Lisnard. Il s'envolera ensuite pour une visite officielle en Serbie.
(Avec AFP)
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