« Donne-moi des noms ! » Cet été, Emmanuel Macron n'a pas seulement été en quête d'un nouveau locataire de Matignon. À des députés de son camp, le chef de l'État demandait également de lui souffler des noms de potentiels ministres. Finalement, il n'aura pas l'usage des suggestions qui lui ont été faites. Rue de Varenne, Michel Barnier revendique une totale liberté pour composer son gouvernement. Si, vendredi, il est allé déjeuner à l'Élysée, il n'a évoqué avec le président que l'architecture et la philosophie de sa future équipe, sans entrer dans les détails. Pour finaliser son casting, le nouveau Premier ministre a encore du travail. Rien ne devrait être abouti avant la fin de la semaine.
D'emblée, le Savoyard a été confronté à une première question fondamentale : que faire des ministres sortants ? Idéalement, dans sa tête, la réponse était claire. Pour montrer que les temps avaient changé, il faudrait n'en reprendre aucun. Immédiatement, il a compris que certains désirs étaient irréalistes. Si Michel Barnier a glissé à plusieurs de ses interlocuteurs que le chef de l'État ne lui avait recommandé aucun nom, il sait bien que ce dernier donnera son avis sur les ministères relevant de son domaine réservé. Il a vite constaté que le manque de poids lourds macronistes en dehors de l'exécutif ne pourrait guère lui laisser de marge de manœuvre. Pour tenter de se donner du jeu, il a ainsi proposé un portefeuille à Élisabeth Borne (la Défense) et à Jean Castex lorsqu'il les a reçus. Mais ses deux prédécesseurs, proches d'Emmanuel Macron, ont décliné son offre. Le week-end dernier, devant un pilier du bloc central, il a évoqué l'hypothèse de nommer Laurent Nuñez, le préfet de Paris, homme de confiance du chef de l'État, à l'Intérieur. Mais celle-ci semble s'être éteinte depuis.