L’histoire secrète du front anti-Attal
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Gabriel Attal, Gérald Darmanin et Élisabeth Borne en octobre 2023.
© LTD / XOSE BOUZAS / HANS LUCAS
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Lundi 22 juillet, ils sont huit députés autour de la table. Gérald Darmanin, Aurore Bergé et Olivia Grégoire - toutes deux, comme leur collègue de la Place Beauvau, ministres démissionnaires - Élisabeth Borne, Sylvain Maillard, l'ancien patron du groupe Renaissance (désormais baptisé « Ensemble pour la République ») au Palais-Bourbon, Mathieu Lefèvre et Guillaume Gouffier Valente, élus du Val-de-Marne, et enfin Yaël Braun-Pivet. Si la présidente de l'Assemblée nationale accueille ce petit-déjeuner dans un salon de l'hôtel de Lassay, elle n'en est pas à l'initiative. Ce rendez-vous, qui se tient dans le plus grand secret, est la conséquence de l'ébullition qui a régné les jours précédents au sein du groupe Ensemble pour la République. Depuis une semaine, il est présidé par Gabriel Attal. C'est peu dire que les huit convives ont le Premier ministre dans leur collimateur.
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Gérald Darmanin et Élisabeth Borne n'ont ainsi pas digéré la manière dont le locataire de Matignon s'est emparé de la tête du groupe le 13 juillet. Le ministre de l'Intérieur et l'ancienne Première ministre étaient intéressés par le poste. Ils avaient proposé la mise en place d'une direction collégiale. Mais Gabriel Attal a foncé et tout fait pour que le scrutin se tienne le plus tôt possible, alors que l'Élysée plaidait pour qu'il ait lieu en septembre. De son côté, Yaël Braun-Pivet a peu goûté les manœuvres du Premier ministre à l'occasion de l'élection pour le perchoir et de la bataille difficile qu'elle devait mener pour le conserver face au Nouveau Front populaire. En amont du scrutin, elle a su que celui-ci avait tenté de susciter d'autres candidatures. Elle a appris qu'il avait fortement incité Marc Fesneau à y réfléchir. Sans succès : le patron du groupe MoDem a dit non, estimant que la solution de continuité était la plus sage, refusant d'être l'instrument d'un règlement de comptes au sein d'un parti dont il ne faisait pas partie. Très ami avec elle (ils font de la voile ensemble), un autre élu de la formation centriste, Jean-Paul Mattei, l'a informée avoir également fait l'objet d'une approche similaire. Mais ce n'est pas tout. Yaël Braun-Pivet estime qu'il lui a manqué, le jour du vote, le 18 juillet, 14 voix au premier tour et sept au deuxième parmi les députés Ensemble pour la République, selon les pointages de son équipe (et même si le vote est secret). Pour elle, c'est un niveau trop élevé pour que les choses n'aient pas été organisées.