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Pour éviter le mur, Gabriel Attal propose de reconduire le budget de 2024

latribune.fr

Publié le 20 août 2024 à 18:55 - Mis à jour le 22 août 2024 à 13:58

Cette décision, annoncée ce mardi soir par Matignon, intervient alors que l'exécutif actuel se prépare à passer la main à une nouvelle équipe. (Photo d'illustration)

Cette décision, annoncée ce mardi soir par Matignon, intervient alors que l'exécutif actuel se prépare à passer la main à une nouvelle équipe. (Photo d'illustration)

© LTD / MIGUEL MEDINA/AFP

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Après des semaines d'attente, les lettres plafonds, qui permettent de préparer le budget, ont été envoyées à l’ensemble des ministères par Matignon. Le Premier ministre démissionnaire y propose de reconduire le budget de 2024.

Le gouvernement démissionnaire a fixé à 492 milliards d'euros le montant des crédits de l'État pour 2025, reconduisant ainsi les montants précédents.

Cette décision, annoncée ce mardi soir par Matignon, intervient alors que l'exécutif actuel se prépare à passer la main à une nouvelle équipe, laquelle disposera de quelques semaines à peine pour finaliser le budget de l'année prochaine.

Eviter « le mur budgétaire »

L'objectif principal du Premier ministre démissionnaire, Gabriel Attal, a été de garantir que son successeur puisse « présenter un budget dans les temps prévus par les lois organiques », a précisé Matignon, qui a cherché à éviter « le mur budgétaire ».

L'initiative « a un objectif républicain », celui« d'assurer la continuité de l'Etat », a fait valoir Matignon.

Ce budget s'inscrit dans une trajectoire visant à ramener le déficit à 3 % d'ici 2027. L'effort budgétaire prévu pour 2025 n'inclut pas les coupes proposées par Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, qui, lui, visait des réductions plus importantes. Matignon assure néanmoins que, même à 492 milliards, les lettres plafonds ont « un objectif de responsabilité » en matière de finances publiques.

Les lourdes missions du prochain gouvernement

Le calendrier habituel de transmission des lettres plafonds, normalement envoyé aux ministères début août, n'a pas été respecté en raison du contexte politique incertain. Le gouvernement démissionnaire depuis le 16 juillet, suite aux élections législatives, n'avait précisé aucune date pour l'envoi de ces lettres.

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« Il n'y a pas de calendrier d'envoi arbitré pour le moment », avait alors précisé une source au sein de l'exécutif à l'AFP début aout. Cette situation inédite ne contrevenait à aucune obligation constitutionnelle, les lettres plafonds relevant davantage d'une pratique administrative que d'une nécessité juridique.

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Pour autant, Matignon et Bercy avaient travaillé en amont sur les bases du budget 2025 afin de proposer différentes options pour réduire le déficit. Comme l'indique cette même source à l'AFP : « Ce sera au prochain gouvernement de choisir parmi ces options celles qu'il retient (...) en fonction de ses arbitrages politiques ».

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Bruno Le Maire a, de son côté, défendu une approche plus radicale en matière de réduction des dépenses publiques, rappelant que la France devait économiser 25 milliards d'euros dès 2024.

« Nous devons le faire maintenant ou bien il sera trop tard », avait-il averti dans une tribune au Figaro mi-juillet.

Le ministre avait également annoncé la signature d'un courrier visant à réduire les dépenses de tous les ministères de 5 milliards d'euros. Cependant, la décision de geler certains crédits reste en suspens avec le changement de gouvernement imminent.

Le député socialiste Philippe Brun, vice-président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale et élu du Nouveau front populaire (NFP), a paru satisfait mardi sur BFM Business de la tournure des événements, et de ce premier jet « essentiellement technique » du PLF, qui permettra d'avoir au 1er octobre un texte à discuter, même très incomplet. Cependant d'autres commencent opposants politiques commencent à s'agacer.

Pressions européennes et déficits excessifs

La France fait face à des pressions européennes croissantes en raison de son déficit public. Le 26 juillet, l'Union européenne a formellement lancé des procédures pour déficits publics excessifs contre plusieurs États membres, dont la France. Avec un déficit atteignant 5,5 % du PIB en 2023 et une dette avoisinant 111 % du PIB, le pays est tenu de présenter d'ici septembre un plan de redressement. Sans cela, elle s'expose à des sanctions financières pouvant atteindre 2,5 milliards d'euros.

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Cependant, certains observateurs estiment que la France pourrait éviter ces pénalités. « Infliger des pénalités financières à un pays déjà en difficulté serait contradictoire », a souligné le chef économiste d'une grande banque européenne. Malgré les réformes budgétaires annoncées, le panorama économique reste flou, la dette publique continuant de grimper et la croissance économique de l'Union européenne ralentissant.

Incertitude croissante pour les marchés financiers

La situation budgétaire incertaine de la France inquiète également les marchés financiers.

« Tout le monde scrute l'état des finances publiques françaises », souligne Gilles Moëc, chef économiste chez Axa.

Si les investisseurs ont jusqu'ici réagi favorablement aux émissions d'emprunts d'État, il est possible que l'instabilité politique affecte à terme ces opérations, augmentant ainsi le coût de financement de la dette.

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La situation pourrait devenir encore plus préoccupante si la croissance économique, déjà morose, venait à s'affaiblir davantage. Les perspectives pour 2024 sont peu encourageantes, avec une hausse du PIB prévue de seulement 0,9 % pour la zone euro. En France, la reprise économique reste fragile, marquée par une faible demande et une légère hausse du chômage.

(Avec AFP)

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