L’immigration divise aussi le Sénat
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Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, et Hervé Marseille, président du groupe Union centriste au Sénat, le 24 septembre
© Alain Guilhot
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Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, et Hervé Marseille, président du groupe Union centriste au Sénat, le 24 septembre
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Leur relation a beau être orageuse depuis quelques semaines, Bruno Retailleau et Hervé Marseille s'appellent presque tous les jours. Humainement, ils s'apprécient. Au téléphone, point d'engueulade entre ces deux vétérans du Sénat, patrons des groupes - Les Républicains (LR) et Union centriste (UC) - qui en composent la majorité. Cela n'empêche pas leurs derniers échanges de tourner en rond. Et d'aboutir, dès qu'il s'agit du projet de loi immigration et de son article sur les clandestins travaillant dans des secteurs dits en tension, au même cul-de-sac. « Bon, tu ne changes toujours pas de ligne ? » demande l'un. « Non. Toi non plus ? - Non. »
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Alors que le texte porté par Gérald Darmanin entame ce lundi sa phase d'examen en hémicycle à la chambre haute, ce blocage est devenu un mauvais signe. Pour le ministre de l'Intérieur, d'abord, qui aimerait que son texte durci par les sénateurs finisse par être adopté puis envoyé à l'Assemblée nationale, mais aussi pour le Sénat lui-même. Son président, Gérard Larcher, un temps en phase avec l'intransigeance de Bruno Retailleau sur le fameux article 3, s'inquiète de voir sa majorité partir en lambeaux pour un sujet qui n'en vaut pas la peine. « Il ne faut pas casser toute la vaisselle », a récemment grincé le sénateur des Yvelines devant le groupe LR. Auprès de La Tribune Dimanche, Hervé Marseille s'emporte : « Ça dégrade notre image. On apparaissait comme le point d'équilibre capable de sortir des textes bien empaquetés. La droite a montré qu'il n'y avait pas de majorité à l'Assemblée... mais elle va finir par démontrer qu'il n'y en a pas non plus au Sénat. »