La mue de Raphaël Glucksmann

Caroline Vigoureux
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Raphaël Glucksmann à La Réole, le 5 octobre.
LTD/Thibaud MORITZ/AFP

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Raphaël Glucksmann à La Réole, le 5 octobre.
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Pour l'instant, ses formules sont pudiques. Raphaël Glucksmann ne dit pas explicitement qu'il sera candidat en 2027. Mais il faut voir dans ses phrases distillées dans la presse - «Je veux peser », « Je veux aider à édifier », « J'y mettrai toutes mes forces » - le révélateur d'une ambition nouvelle. Depuis le 9 juin au soir, une mue s'est opérée. Avant cette date, il ne se voyait qu'un destin européen et ramenait méthodiquement tous les sujets nationaux à l'échelle du continent. Ça l'agaçait même qu'on lui parle sans cesse de politique intérieure quand lui constatait au quotidien le pouvoir dément de l'Europe sur ses membres.
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Le soir des élections européennes et de ses 13,8 % des voix a été pour lui une bascule. D'abord parce que l'homme de 44 ans n'a pas eu le temps de savourer sa victoire que la bombe de la dissolution l'écrasait déjà, le reléguant au second plan pendant que Nouveau Front populaire scellait, sans lui, son accord. « Le déclencheur psychologique est dans le ressentiment de s'être fait dérober sa victoire. L'amertume fait souvent avancer les choses », analyse l'un de ses interlocuteurs socialistes. Ensuite, l'espace ouvert à gauche, avec le gouvernement très à droite de Michel Barnier, rend plus que jamais possible les ambitions des sociaux-démocrates. « Évidemment que quand vous faites 14 % et qu'il y a une recomposition politique, vous savez que vous êtes dans le champ des possibles. Il ne lance pas une écurie Glucksmann mais il est plutôt un acteur à gauche qui met en place un collectif », estime le député socialiste Jérôme Guedj, dont il est proche.
Caroline Vigoureux
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