Le « cas » Amélie Oudéa-Castéra divise l’exécutif

La ministre de l’Éducation nationale, des Sports et des JO enchaîne les bévues depuis sa nomination.
La ministre des Sports et des Jeux olympiques sous le gouvernement Borne a vu son portefeuille considérablement élargi à la faveur du dernier remaniement puisqu'elle a aussi hérité du ministère de l'Éducation nationale.
La ministre des Sports et des Jeux olympiques sous le gouvernement Borne a vu son portefeuille considérablement élargi à la faveur du dernier remaniement puisqu'elle a aussi hérité du ministère de l'Éducation nationale. (Crédits : © Magali Cohen / Hans Lucas)

C'est l'un des rares sujets de divergence entre l'Élysée et Matignon. Le « cas » Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux olympiques sous le gouvernement Borne, qui a vu son portefeuille considérablement élargi à la faveur du dernier remaniement puisqu'elle a aussi hérité du ministère de l'Éducation nationale. Une super-ministre, cinquième dans l'ordre protocolaire gouvernemental, qui n'en finit pas d'enchaîner les fautes de carre. Dès sa toute première prise de parole, elle a remis en question l'école publique et ses « paquets d'heures non remplacées », pour tenter de justifier l'inscription de ses trois enfants dans le très sélectif établissement privé Stanislas à Paris. Des débuts impardonnables pour les syndicats de l'Éducation nationale. L'ampleur de la grève du monde de l'éducation jeudi dernier a sonné comme une première alerte. Un enseignant sur cinq s'est mobilisé contre la politique scolaire de l'exécutif, une nouvelle grève est prévue mardi.

Lire aussi« À l'occasion des Jeux olympiques, le risque de tensions sociales est important » (Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT)

« Attal est furieux »

Dernier rebondissement en date, la démission de Christophe Kerrero, recteur de l'Académie de Paris, désavoué par la ministre, qui a décidé d'un moratoire sur une partie de sa réforme des classes prépas de la capitale destinée à introduire davantage de mixité sociale. Une décision annoncée devant le Conseil supérieur de l'éducation sans que le recteur en ait été prévenu. « Trois ministres en moins de trois ans, des ordres et des contre-ordres ont fini par l'exaspérer, observe un proche du recteur. D'autant que son projet avait été approuvé par Pap Ndiaye, puis confirmé par Gabriel Attal. » Pour mémoire, la dernière fois qu'un recteur a ainsi claqué la porte, c'était sous Gilles de Robien. Il s'agissait de Nicole Belloubet, rectrice de Toulouse. Elle avait ensuite entamé une carrière politique, jusqu'à devenir ministre de la Justice sous Emmanuel Macron.

La démission de Christophe Kerrero a achevé d'agacer très fortement celui qui a voulu emmener avec lui la « cause de l'école » à Matignon, l'actuel Premier ministre, éphémère mais très apprécié ministre de l'Éducation nationale. « Attal est furieux contre Oudéa, autant que les profs contre elle et lui. L'institution est cul par-dessus tête. Les syndicats de gauche sont d'accord avec le recteur de Paris et pourtant ils étaient opposés à son projet. Tout part de travers », soupire un macroniste bien informé. « Gabriel veut faire partir Oudéa-Castéra de l'Éducation nationale », résume un intime du locataire de Matignon.

Macron ne veut rien lâcher

Emmanuel Macron et Gabriel Attal se sont vus vendredi après-midi pour évoquer la fournée de ministres délégués et de secrétaires d'État qui devrait compléter la liste gouvernementale en début de semaine prochaine.

Et pour le moment, pas question pour Emmanuel Macron de lâcher son ancienne condisciple de l'ENA. « Pour lui, faire partir Oudéa, ce serait se désavouer lui-même », observe un autre macroniste. Un conseiller de l'exécutif pense même que son périmètre entier sera sauvegardé : « Elle conservera aussi les Sports et il n'y aura pas non plus de secrétaire d'État aux Jeux olympiques. »

En tout, une quinzaine de nominations devraient être annoncées, dont une dizaine de reconductions de sortants. Parmi eux : Jean-Noël Barrot, Olivia Grégoire, Roland Lescure, Sabrina Agresti-Roubache. En difficulté, Agnès Pannier-Runacher n'est plus aussi certaine d'atterrir à la Santé. Si Catherine Vautrin, à la tête d'un gigantesque ministère, attend bien d'accueillir deux ministres délégués ou secrétaires d'État pour l'épauler, l'un à la Santé, l'autre aux Solidarités, mais aussi aux familles, à l'autonomie et au handicap, alors qu'elle pilotera en direct le Travail, elle a fait savoir qu'elle ne voyait pas d'un bon œil la candidature de l'ancienne ministre de la Transition énergétique. Une opinion partagée à Matignon. En petit comité, François Bayrou résume ces tractations par cette formule lapidaire : « C'est un combat. »

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Commentaires 10
à écrit le 06/02/2024 à 11:04
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Ses jours au ministère sont comptés, M Bayrou qui vient d'être absous au bénéfice du doute en correctionnelle peut revenir au gouvernement, il a déjà été ministre de l'éducation donc il est le remplaçant tout trouvé pour remplacer Oudea Castera .

à écrit le 06/02/2024 à 9:23
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Surement des réactions excessives mais il faut reconnaitre que cette personne n'avait pas le profil d'une ministre de l'éducation idéal ! Vu le nombrilisme sans limite de ce président qui n'accepte pas de faire des erreurs ,...

à écrit le 05/02/2024 à 10:34
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Légion d'honneur !!!

à écrit le 04/02/2024 à 13:07
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Cette dame a l'avantage d'être copine d'école (ena ) de Manu ,et , surtout épouse d'un patron de labo important sponsor de renaissance jadis marcheurs , donc invirable ........

le 05/02/2024 à 9:21
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non mme vous n'avez pas la fonction pour justifie ubiquité que vous mettez en avants ce sont des défauts caractérisé chez tout les demandeur d'emploi voir des refouloirs a consequence d'absence de diplôme par l'education national ce privilege que ...

à écrit le 04/02/2024 à 10:18
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Bof ce n'est pas comme si elle dirigeait un ministère important. L'école est nulle dans ce pays ,il n'en est que constater le classement PISA chaque année. Heureusement qu'il demeure un enseignant privé de qualité, il reste aux parents d'arbitrer e...

le 04/02/2024 à 17:58
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"enseignement payant " sauf qu'à la vitesse où ça va il faudra de sacrés revenus pour pouvoir offrir à ses enfants des établissements privés .En 2009 les études supérieures de mes enfants représentaient un budget de 30.000 euros par an et depuis cel...

à écrit le 04/02/2024 à 9:09
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sans faire d'attaque personnelle sur ce minstre du prince Jupiterien il est une evidence qu'elle a fait preuve d'un certain mepris et d'incompetence.elle doit en tirer les concenquences et Jupiter aussi . on arrivera bien a lui trouver un point...

à écrit le 04/02/2024 à 8:49
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Je vais dire ce que tout le monde pense, même madame Borne je suis sûr, franchement elle a soit un niveau intellectuel inquiétant soit une façon de communiquer complètement défaillante. C'est pas grave hein, les 3/4 de nos ministres sous macron n'éta...

le 04/02/2024 à 19:20
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Malheureusement elle n'est pas pire que le président... que voulez vous les politiciens de notre pays qu'ils soient ministres president, deputes ou sénateurs ont tous la nullité et l'incompétence en commun... Si notre pays dégringole autant c'est du...

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