Ils préfèrent demeurer en lisière du conflit. En grande majorité (7 sur 10), les Français refusent de départager les camps israéliens et palestiniens. Soit ils les considèrent de manière égale (27 %), soit ils ne ressentent d'empathie pour aucun des deux (19 %), soit ils n'ont pas d'opinion (24 %). C'est l'une des conclusions de l'étude que nous publions en exclusivité, réalisée par le think tank Destin commun dans le but de prendre le pouls de la société française, un an après le 7-Octobre. « Il n'y a pas de distance ni d'indifférence, plutôt une grande perplexité et une anxiété », analyse Laurence de Nervaux, sa directrice générale.
Signe de cette inquiétude, un Français sur deux considère que la France n'est pas un pays sûr pour les Juifs (contre 34 % pour les musulmans). De la même manière, ils sont 73 % à se dire préoccupés par l'antisémitisme, devant le racisme (72 %) et l'islamophobie (61 %). Et, preuve de la manière dont les attaques terroristes du Hamas ont frappé l'opinion, quand on demande précisément aux sondés si ces terribles événements ont renforcé leur empathie à l'égard des Juifs, ils sont une majorité à acquiescer (57 %). Dans un « en même temps » proche de la position officielle française, ils sont également 63 % à regretter qu'on n'évoque pas plus dans les médias les victimes civiles de Gaza.