Visé par près de deux cents missiles iraniens, Israël menace de riposter
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L'Iran a commis une grave erreur ce soir et en paiera le prix », a menacé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
ABIR SULTAN/Pool via REUTERS
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L'Iran a commis une grave erreur ce soir et en paiera le prix », a menacé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
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[Article publié le mercredi 2 octobre 2024 à 7h17, mis à jour à 16h43] Les jours qui viennent seront sans doute décisifs pour l'avenir du Proche-Orient après que l'Iran a lancé mardi soir quelque 200 missiles vers Israël. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir d'urgence dès ce mercredi pour discuter de l'escalade des hostilités au Moyen-Orient.
Le chef d'état-major iranien, le général Mohammad Bagheri, a promis quant à lui que l'Iran frappera « avec une plus grande intensité » et visera « toutes les infrastructures » du pays si Israël met à exécution sa menace de représailles.
Pour la première fois, l'Iran a employé des missiles hypersoniques lors de cette opération, baptisée « Promesse honnête 2 », selon les médias iraniens. Selon Israël, la plupart des missiles ont été interceptés par le système de défense « Dôme de fer ».
L'État hébreux a aussi reçu l'aide des États-Unis et du Royaume-Uni. Le Pentagone a indiqué que des navires américains ont tiré une dizaine de missiles intercepteurs. Et d'après les médias britanniques, des avions de combat de la Royal Air Force (RAF) ont été mobilisés. Ce qu'a reconnu ce mercredi le ministre britannique de la Défense, John Healey, sur le réseau social X. « Les forces britanniques ont joué leur rôle (mardi) soir pour tenter d'empêcher une nouvelle escalade au Proche-Orient », a-t-il publié.
L'attaque a fait deux blessés légers en Israël, selon les secours, et un Palestinien a été tué par des éclats de missile à Jéricho, en Cisjordanie occupée, selon un responsable palestinien. Une attaque « terminée » a fait savoir l'Iran, selon qui « 90% des missiles » ont atteint leur cible. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, ont affirmé avoir « visé le cœur » d'Israël, pour venger la mort du chef du Hezbollah pro-iranien Hassan Nasrallah, du chef du Hamas palestinien Ismaïl Haniyeh et d'un de leurs commandants, Abbas Nilforoushan, tué en même temps que Nasrallah vendredi au Liban.
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Le chef d'état-major iranien a affirmé que les missiles avaient visé « les trois principales bases aériennes militaires du régime sioniste, le Mossad (les services secrets israéliens, NDLR), centre de la terreur, la base aérienne de Nevatim pour les avions F-35 et la base aérienne de Hatzerim, qui a été utilisée pour assassiner le martyr Nasrallah ».
L'Iran a exercé son « droit à l'autodéfense », a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi. « Nous avons agi ainsi après avoir fait preuve d'une immense retenue pendant près de deux mois, afin de laisser la place à un cessez-le-feu à Gaza », a-t-il poursuivi.
Le 13 avril, en riposte à une frappe meurtrière imputée à Israël sur le consulat iranien à Damas, l'Iran avait déjà tiré vers Israël quelque 350 drones explosifs et missiles, la première attaque directe du genre, baptisée « Promesse honnête ». La plupart des missiles avaient été interceptés par Israël avec l'aide de pays étrangers, surtout les États-Unis mais également le Royaume-Uni.
Et Israël peut toujours compter aujourd'hui sur son allié américain. « Les États-Unis soutiennent pleinement, pleinement, pleinement Israël », a déclaré mardi le président américain Joe Biden, ajoutant que des discussions étaient « en cours » avec Israël sur la réponse à apporter.
L'Iran a toutefois mis en garde ce mercredi les États-Unis contre toute intervention en soutien à Israël. « Nous avons averti les forces américaines de se retirer de cette affaire et de ne pas intervenir, sinon elles feraient face à une réponse sévère de notre part », a déclaré à la télévision d'État le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Il a par ailleurs affirmé que son pays n'a échangé aucun message avec Washington avant son attaque de missiles, niant toute « coordination », et précisé qu'une communication avait eu lieu seulement après ces tirs de missiles.
L'attaque iranienne a été dénoncée par l'Union européenne, la France, le Royaume-Uni, le Japon ou encore l'Espagne. Le nouveau Premier ministre japonais Shigeru Ishiba l'a jugée mercredi « inacceptable », après un échange avec Joe Biden. Elle risque « d'embraser » tout le Moyen-Orient, a de son côté averti le chancelier allemand, Olaf Scholz, appelant le Hezbollah et l'Iran à « immédiatement cesser leurs attaques contre Israël ». Une demande adressée « à toutes les parties » par la Russie, appelant « à la retenue » pour éviter les victimes civiles, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
L'attaque de missiles iraniens sur le territoire israélien risque « d'embraser » tout le Moyen-Orient, a mis en garde mercredi le chancelier allemand, Berlin convoquant dans le même temps l'ambassadeur iranien. « Le Hezbollah et l'Iran doivent immédiatement cesser leurs attaques contre Israël », a-t-il ajouté dans un communiqué, au lendemain du lancement par l'Iran de quelque 200 missiles selon Téhéran, 180 selon Israël.
Le chef de l'ONU Antonio Guterres a aussi fustigé ce mercredi devant le Conseil de sécurité « le cycle écoeurant » des violences au Moyen-Orient qu'il a jugé être au bord du « précipice ». Devant les 15 Etats membres du Conseil réunis en urgence, le secrétaire général des Nations unies a également « condamné avec force l'attaque massive aux missiles par l'Iran sur Israël », alors que l'Etat hébreu a déclaré Antonia Guterres « persona non grata » sur son sol pour n'avoir selon lui pas condamné nommément Téhéran mardi soir.
Par ailleurs, ce mercredi, l'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, après une nuit de violents raids, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l'AFP a vu de nouvelles colonnes de fumée s'élever de ce secteur déjà frappé à plusieurs reprises pendant la nuit. L'armée israélienne l'avait annoncé très tôt ce matin, expliquant avoir frappé des « cibles terroristes du Hezbollah », après avoir ordonné aux habitants du quartier d'évacuer. Elle a par la suite exhorté les civils à évacuer « immédiatement » plus de vingt localités, dont des camps de réfugiés palestiniens, principalement dans les environs de Ty, dans le sud du Liban « pour [leur] sécurité ».
La chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, a fait état de 11 raids israéliens au sud de Beyrouth en deux heures. Des journalistes de l'AFP ont, eux, rapporté une vingtaine d'explosions. Selon un responsable israélien, il s'agit de « raids localisés d'une ampleur très limitée », destinés à « éloigner les menaces contre les communautés civiles du nord d'Israël », cibles des tirs du Hezbollah.
À l'aube, l'armée israélienne a également annoncé avoir attaqué deux écoles dans le nord de la bande de Gaza et une troisième dans le centre, utilisées selon elle par le Hamas comme centres de commandement. Selon la Défense civile de Gaza, cinq personnes ont été tuées par un missile israélien dans l'ouest de la ville de Gaza, et huit autres dans une attaque contre une maison dans l'est de la même ville.
De son côté, le Hezbollah a affirmé dans la matinée de ce mercredi avoir affronté des soldats israéliens tentant de s'infiltrer au Liban et ciblé, avec des roquettes et tirs d'artillerie, des troupes israéliennes de l'autre côté de la frontière. Et les Houthis du Yémen, groupe rebelle soutenu par l'Iran, ont assuré avoir tiré trois missiles sur Israël qui ont « atteint leurs cibles » même si « l'ennemi garde le secret sur les résultats de l'opération ». L'armée israélienne n'a pas réagi dans l'immédiat.
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Et cet après-midi : « Pendant qu'une force ennemie israélienne tentait de contourner la localité de Yaroun », les combattants du Hezbollah « les ont pris par surprise en faisant exploser une bombe », affirme le groupe libanais pro-iranien, précisant que « tous les membres de la force ont été touchés ».
(Avec AFP)
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