« Il est tourmenté en ce moment. » C'est ainsi qu'un des piliers de la Macronie décrit l'état d'esprit du président, avec lequel il échange en permanence. Le locataire de l'Élysée cogite en effet beaucoup sur la suite. Pour délivrer le résultat de ses maturations, il s'est fixé un horizon. Ce sera janvier. « Le moment est venu d'un rendez-vous avec la nation », a-t-il confié au Monde, reprenant la méthode de teasing qu'il avait employée l'été dernier. Avant la pause aoûtienne, il avait promis une « initiative politique d'ampleur » qui aboutirait un mois plus tard aux « rendez-vous de Saint-Denis », où il convia les chefs des partis politiques.
Pour son opération du début 2024, Emmanuel Macron réfléchit dans deux directions. La première est philosophique. Alors que les fractures identitaires se creusent, alimentées par des forces politiques extrémistes et des faits divers tragiques, il veut retisser un fil commun, fait d'autorité et de fraternité. La seconde est économique. Des clignotants inquiétants s'allument. La baisse du chômage, mise à son crédit, est aujourd'hui compromise. Il faut relancer la machine. À ces deux pistes de réflexion se greffe une troisième dimension. Comment le chef de l'État choisira-t-il de traduire tout cela sur le plan politique? « Il y aura un subtil mélange de faire et de dire », promet un de ses proches. Cet automne, comme l'avait rapporté La Tribune Dimanche le 5 novembre, une question s'était déjà imposée à l'Élysée : fallait-il se séparer d'Élisabeth Borne dès l'hiver 2024 ou ne le faire qu'après l'été et les Jeux olympiques? À travers son « rendez-vous avec la nation », Emmanuel Macron y apportera-t-il une réponse?