Marine Le Pen s’économise
Jules Pecnard
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Marine Le Pen.
STEPHANIE LECOCQ
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Marine Le Pen.
STEPHANIE LECOCQ
Du temps. C'est cette denrée précieuse que Marine Le Pen s'est procurée en confiant la gestion du Rassemblement national à Jordan Bardella. « Il faut qu'elle puisse réfléchir, se concentrer, voir des gens », glisse un membre des instances dirigeantes du RN. À la fin de l'été, l'élue du Pas-de-Calais a pu revoir Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic, qu'elle a reçue une première fois à l'Assemblée nationale fin 2022 pour familiariser ses troupes au monde de l'entreprise. Une formation à la normalisation, en somme.
Toujours candidate naturelle de son camp à la prochaine présidentielle, Marine Le Pen économise son verbe médiatique. « Elle a théorisé le fait que plus elle se taisait, plus elle engrangeait », avance une source parlementaire frontiste. La cheffe du groupe RN au Palais-Bourbon fait la part belle des interventions radio-télé à Jordan Bardella et certains députés capés comme Jean-Philippe Tanguy ou Sébastien Chenu. La répartition des plateaux est passée en revue le lundi matin, au siège, avant le comité de campagne pour les européennes.
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La maison mère, immeuble impersonnel du 16e arrondissement de Paris, Marine Le Pen y met beaucoup moins les pieds. Dès la présidentielle de 2022, la candidate a délégué les tracas de la gestion du parti. Elle privilégie deux choses pour consolider sa position de surplomb : les déplacements à l'étranger pour rendre visite aux alliés nationalistes - le plus récemment au Portugal et en Hongrie - et le suivi du travail à l'Assemblée nationale. Après les législatives, qui ont fait élire 89 députés RN (88 aujourd'hui) à la stupéfaction générale, Marine Le Pen a répété ce message : « Ici, je veux des futurs ministres et secrétaires d'État, pas des gens pour faire des petites phrases à la télé. »
Jules Pecnard