ENTRETIEN - La leader de la CFDT, premier syndicat français, plaide une nouvelle fois pour une augmentation du smic et refuse de participer à la manifestation de la CGT.LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment abordez-vous cette rentrée ?
MARYLISE LÉON - Le contexte est inédit. Je suis inquiète et j'alerte les politiques : depuis l'annonce de la dissolution, les défis auxquels nous sommes confrontés, notamment climatiques et sociaux, passent à l'as... Tout le monde est focalisé sur la nomination d'un Premier ministre.
La France est à l'arrêt ?
On est en suspens alors que les besoins des travailleurs n'ont pas disparu cet été. Les responsables politiques semblent oublier que les citoyens, par leur vote, ont construit un front républicain. Il est urgent qu'ils fassent preuve d'autant de responsabilité. La seule nomination d'un Premier ministre ne règle pas tout. La responsabilité est aussi du côté du Parlement.
Le Nouveau Front populaire propose la candidature de Lucie Castets. La CGT également... Et vous ?
Je ne milite pour personne. Ce n'est pas le rôle d'un syndicat d'intervenir dans le casting et de faire pression sur le président pour qu'il nomme tel ou tel Premier ministre... Nous ne nous associons pas à la mobilisation du 7 septembre, c'est une initiative politique. Mais la nomination est trop longue. C'est aussi un enjeu de respect vis-à-vis des citoyens.
Quels doivent être les urgences du Premier ministre ?
Justement, plus de considération pour la société civile. L'exercice du pouvoir, ce n'est pas de travailler seul, c'est accepter de laisser une part de responsabilité à d'autres. Il faut un ou une responsable politique qui change de méthode, et respecte ses interlocuteurs. Par exemple, rien ne sert de faire des conventions citoyennes ou des conférences sociales qui ne sont pas suivies d'effets...
Il faut un ou une responsable politique qui change de méthode et respecte ses interlocuteurs
Propos recueillis par Fanny Guinochet