Michel Barnier, l’homme aux quatre présidents
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En 1994, Michel Barnier, ministre de l’Environnement, au côté de François Mitterrand.
© LTD / Patrick KOVARIK / AFP)
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En 1994, Michel Barnier, ministre de l’Environnement, au côté de François Mitterrand.
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Dans l'écosystème politique, c'est un cas sans équivalent. Au fil de sa carrière, Michel Barnier aura exercé des responsabilités gouvernementales sous les ordres de quatre présidents. Avant d'être choisi, jeudi, par Emmanuel Macron pour succéder à Gabriel Attal à Matignon, ce gaulliste a été par le passé ministre de François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.
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La première fois que Michel Barnier entre au gouvernement, c'est en 1993. Il est ministre de l'Environnement au sein de l'équipe Balladur. François Mitterrand est à l'Élysée. Comme nombre de ses collègues, il est fasciné par ce président de gauche qui a toujours pris un malin plaisir à séduire les jeunes pousses de droite. « En Conseil des ministres, il faisait des développements incroyables », racontera-t-il des années plus tard. Pour lui, le chef de l'État socialiste n'est pas un inconnu. En 1984, il l'avait invité au conseil général de la Savoie, à la tête duquel il siège depuis deux ans. C'est la première fois depuis 1958 qu'un président vient s'exprimer devant une assemblée départementale détenue par l'opposition.
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Michel Barnier a toujours gardé la vidéo de l'intervention de François Mitterrand ce jour-là. Il restera également très marqué par leur dernière rencontre. En septembre 1995, devenu ministre délégué aux Affaires européennes de Jacques Chirac - son deuxième président -, il a demandé à le voir afin de le sonder sur l'utilité pour les instances bruxelloises de se doter d'un haut représentant pour la politique étrangère. À cette occasion, l'élu RPR lui demande pourquoi il n'a pas pu empêcher, avec Helmut Kohl, dont il était pourtant si proche, la guerre de Bosnie. « Mon jeune ami, voilà un siècle que nous sommes avec les Serbes, et les Allemands avec les Croates », lui répond François Mitterrand avant de lui conseiller de s'intéresser à Königsberg, l'ancienne capitale de la Prusse-Orientale, à la frontière de l'Allemagne et de l'Union soviétique. « Un chef de l'État doit aimer l'Histoire sans en être prisonnier » est la leçon qu'il en tirera lorsque, en 2021, il sera candidat à la primaire organisée par Les Républicains pour désigner leur candidat à l'Élysée.