ENTRETIEN - Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, Nicolas Lebourg, historien et chercheur spécialiste de l’extrême droite, décrypte les particularités du mouvement nationaliste révolutionnaire.LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment définir la mouvance nationaliste révolutionnaire ?
NICOLAS LEBOURG - Ils s'affirment néofascistes mais aussi antibourgeois, européens et anti-impérialistes : ils dénoncent l'Occident et l'amitié avec les États-Unis et Israël, auxquels ils préfèrent le Venezuela, l'Iran ou la Palestine.
Peut-on les qualifier de néonazis ?
Il y a toujours eu des militants néonazis chez eux mais le courant n'est pas néonazi. François Duprat, figure tutélaire du milieu en France, avait un absolu mépris pour les thèses sur l'inégalité des races. Le reproche fait aux Juifs est d'être des agents du projet mondialiste auquel est assimilé le sionisme, pas d'appartenir à une race.
« Antifas » et militants de gauche sont-ils toujours leurs cibles de prédilection ?
Dans les années 1978-1980, les néonazis tiennent le haut du pavé et les cibles sont juives ou communistes. Entre 1980 et 1983 il y a un changement, jamais démenti, avec une hausse de 225 % des violences contre les Maghrébins. Les forces de l'ordre font partie des cibles. À Romans-sur-Isère, elles ont été attaquées deux fois au mortier. Mais le schéma classique est territorial : il y a un espace, un quartier, un bar, où un intrus (antifa, maghrébin) pénètre et il est frappé pour « récupérer » la zone.
Quel est leur projet politique ?
Celui, traditionnel, de l'extrême droite radicale : forger un homme nouveau dans un ordre nouveau. Mais aujourd'hui, fonder des ethno-États blancs - qui organisent ses populations pour qu'elles soient ethniquement homogènes - est un thème prégnant.
Ont-ils des caractéristiques sociologiques et géographiques ?
Propos recueillis par P.Del