Les deux derniers Conseils des ministres ont commencé avec une heure de retard, au grand dam des membres du gouvernement engagés dans la campagne des législatives, pour qui chaque minute compte au vu de la difficulté du combat. En attendant Emmanuel Macron, les ministres ont donc eu le temps d'échanger à chaque fois leurs impressions. Il y a dix jours, c'est l'éventualité d'une passation de pouvoir avec des ministres RN qui a occupé une part de leurs conversations. Comment faire ? Devaient-ils accueillir obligatoirement leurs successeurs et assister ainsi à leurs discours de prise de pouvoir ?
Ce mercredi, Bruno Le Maire a agacé plusieurs de ses collègues en course en assurant que le Rassemblement national allait connaître un raz-de-marée. « La bourgeoisie est en train de basculer », a estimé dans une ambiance de plomb le patron de Bercy, qui n'est pas candidat. S'accrochant à ses feuilles, Amélie Oudéa-Castéra a achevé sa longue communication sur la préparation des JO à un mois de l'inauguration « en saluant les uns et les autres » selon un participant. La ministre aurait même « étouffé un sanglot », affirme un autre témoin.
Le calendrier des législatives prive les Rencontres économiques d'Aix-en-Provence (dont La Tribune est partenaire) de ministres. Pour la première fois depuis sept ans, Bruno Le Maire sera absent. Les membres du gouvernement seront en campagne le vendredi. Et le samedi qui précède un scrutin est un jour de silence politique. Les Rencontres attendent les 5 et 6 juillet 5 000 visiteurs qui viendront écouter 280 personnalités.