Claude Grison fait partie des 13 finalistes retenus par l’Office européen des brevets pour son prix de l’inventeur européen 2022. La chercheuse montpelliéraine du CNRS a réussi à extraire les éléments métalliques qu'une plante avait absorbés sur des sols pollués, et à les transformer pour en faire des écocatalyseurs. Une alternative écologique très utiles pour les industries chimiques, pharmaceutiques ou cosmétiques. La chercheuse a créé deux startups (BioInspir et les Laboratoires Bioprotection) pour industrialiser et commercialiser ces procédés.On est à la croisée de la chimie et de l'écologie. La scientifique montpelliéraine Claude Grison, professeure d'université et directrice de recherche au CNRS, a développé une méthode d'utilisation des plantes pour extraire les éléments métalliques des sols pollués, puis les utiliser comme catalyseurs pour des réactions chimiques. Cette méthode donne non seulement accès à une nouvelle source (naturelle) de catalyseurs chimiques (qu'elle a baptisés écocatalyseurs), mais permet aussi de décontaminer les sols pollués par des activités industrielles, comme l'extraction minière. C'est ce travail de dix années de recherche qui lui vaut aujourd'hui d'être nommée finaliste du Prix de l'inventeur européen 2022 par l'Office européen des brevets (OEB), dans la catégorie Recherche.
Claude Grison (1), docteur en Chimie moléculaire, a enseigné la chimie à l'Université de Nancy, puis à l'Université de Montpellier avant de prendre, en 2016, son poste actuel au CNRS (à Montpellier). Si les catalyseurs ne sont pas au cœur de ses préoccupations initiales, elle s'y intéresse à la faveur d'un travail avec des étudiants qui lui demandent s'il est possible d'utiliser les plantes pour lutter contre la pollution causée par l'exploitation de sites miniers.
« Je me suis laissée prendre au jeu et j'ai finalement quitté mon laboratoire pour rejoindre un laboratoire écologique pendant cinq années, durant lesquelles je me suis intéressée à l'interface entre la chimie et l'écologie,raconte Claude Grison aujourd'hui. J'ai fini par créér mon propre laboratoire, "Chimie bio inspirée et innovation écologique", avec l'appui du CNRS et de l'Université de Montpellier. »
Réparer les sols pollués
Ce que l'on savait jusqu'alors, c'est que certaines plantes étaient en effet capables de s'adapter et de pousser dans des sols pollués, allant même jusqu'à absorber certains éléments métalliques contenus dans le sol pour les stocker dans leurs racines et leurs feuilles. Un processus appelé la phytoextraction.