Décrypter les interactions entre phytoplanctons et pollution. C'est le projet d'études baptisé PHYCOCYP de la chercheuse Giulia Cheloni. Déjà titulaire d'un doctorat en écotoxicologie, elle mène ce projet post-doctorat depuis deux ans à l'UMR Marbec de Sète, laboratoire spécialisé sans la biodiversité marine.
« Classiquement, l'écotoxicologie étudie l'impact des contaminants chimiques dans l'environnement mais moins le rôle que les organismes mêmes peuvent jouer,indique la jeune scientifique d'origine italienne.Il existe d'ailleurs très peu de publications scientifiques basées sur le rôle du phytoplancton dans le devenir des contaminants. Pourtant, c'est une vraie question sociétale car les contaminations liées aux produits chimiques se retrouvent en continu, même dans des environnements éloignés comme les lacs d'altitudes, distants de toutes activités humaines. »
Encore méconnus, les phytoplanctons sont présents dans tous les environnements aquatiques : océans, rivières, lacs,... Représentant la base de la chaîne trophique, ces microalgues, consommées par d'autres organismes comme le zooplancton, les mollusques, les poissons, jouent ainsi un rôle majeur au niveau de l'écosystème aquatique. Mais surtout, à l'instar des plantes et forêts, elles sont capables de synthétiser la matière organique grâce à la photosynthèse, transformant le CO2 en O2.
Dans son laboratoire, la scientifique étudie la capacité pour un groupe de microorganismes, en l'occurrence les phytoplanctons, à transformer les contaminants pour potentiellement réduire leur durée de vie et/ou les rendre moins toxiques. Des contaminants générés par les activités humaines (industrie, agriculture, domestique) qui se retrouvent dans l'environnement naturel (air, eau, sol).